1. En son temps, le candidat Valery Giscard d’Estaing avait lancé au candidat Mitterrand son fameux : « vous n’avez pas le monopole du cœur… ». Mais depuis, la gauche a fait du chemin et s’arroge tous les monopoles, s’inclinant devant la CGT à qui elle soumet son autorisation de gouverner dans une mascarade pitoyable de « dialogue » social. On ampute, sans douleur et à la source, les français par un prélèvement abusif qui fait de la France le premier pays au monde en terme de pression fiscale – et qui fait, dans le même temps, de tous les autres pays des « paradis fiscaux » en puissance -, mais le peuple se laisse tondre. Pire : il applaudit à la simplification. Il est vrai que c'est exigeant et compliqué la liberté, qui implique la responsabilité. La vie en prison est tellement plus simplifiée... Le gouvernement se propose de réformer le marché du travail, notamment en lui redonnant plus de liberté et de flexibilité afin de faciliter la création des entreprises et des embauches, puis il accouche, sous le contrôle de la rue, d’un arsenal de réglementations encore plus contraignantes. Et le peuple se tait. Je ne sais pas si le Général de Gaulle a vraiment dit que les Français sont un peuple de race blanche, mais il a bien dit que « les français sont des veaux ». Et je rajouterais, mon Général, qu’ils sont devenus des moutons, qui portent au pouvoir ceux qui les tondent et les privent lentement, progressivement et sûrement de leur liberté, en payant de surcroit des impôts de plus en plus lourds. C’est la première fois dans l'histoire des Nations et des peuples que des esclaves rémunèrent leurs maîtres et sacrifient sciemment ainsi leur liberté en échange de sécurité (sociale). Heureusement, comme au temps des Romains, quand la plèbe oubliait sa condition en allant s’abrutir au jeu du Colisée, les français se rassemblent derrière les Bleus… et la Française des jeux. Derrière cette insouciance passagère, il y a pourtant un drame collectif qui se joue. En effet, rappelons-nous quand Manuel Valls, sur des accents de vierge effarouchée, s’est indigné sur le fait que le Front national est en passe de devenir le premier parti de France alors que le Parti socialiste, depuis François Mitterrand, a tout fait pour introduire le FN dans le jeu politique français afin d'empêcher la droite de venir au pouvoir et que la droite est tombée systématiquement dans ce piège diabolique. Pourtant, ceux qui me lisent savent bien que je ne suis pas tendre avec les thèses anti-libérales et populistes du parti de Marine Le Pen, mais cette dénonciation et diabolisation sentent trop les parfums de l'hypocrisie pour ne pas être dénoncées. Car, la gauche française moralisatrice a fait le lit du FN pour s’assurer et monopoliser tous les pouvoirs (culturel, médiatique et politique), en empêchant toute alliance entre la droite et le FN alors que la gauche ne s’interdit jamais des alliances de circonstances avec l'extrême-gauche tout en gouvernant de fait – au nom du dialogue social – avec les casseurs de la CGT. Et la droite la plus stupide du monde est tombée dans ce piège fatal. Et toutes les politiques étatistes, collectivistes et socialistes, menées en France, sans rupture, par les gouvernements de gauche comme de droite, depuis plus de trente ans ont contribué à faire exploser les déficits, le chômage et la misère dans la rue, ce qui est le plus sûr terreau à la montée des populismes et des discours misérabilistes. Parvenue au pouvoir, la gauche n'a jamais entrepris les réformes qui s'imposent à notre pays. Et si elle l’avait fait, soyez assuré que j’aurai applaudi des deux mains même si je ne partage pas les thèses du parti socialiste. Les réformes n’ayant été faites ni par la droite, ni par la gauche, il était naturel que les électeurs finissent par se retourner vers le FN, parti vierge de tout exercice du pouvoir, même si le FN ne fera jamais les réformes attendues considérant son programme économique dépassé et arriéré. C'est pourquoi ces incantations grotesques sont pour le moins choquantes : Manuel Valls a « peur que le pays se fracasse sur le FN » mais je pose une simple question : qui a conduit le navire France, depuis plus de trois décennies ? Qui a maintenu la barre vers l’iceberg pourtant longtemps annoncé sans jamais changer de direction alors que l’issue était fatale ? Quand je parlais de l'impasse française, je ne pensais pas (mais je le redoutais) si bien dire : nous avons eu le « choix » entre une droite qui a défailli, une gauche qui a menti et il reste un parti qui va nous trahir. Mais, je me suis fait traité de traitre et déclinologue : ce sont ceux qui ruinent le pays qui sont les traitres, pas ceux qui les dénoncent. Sur fond de crise économique structurelle, faute d’avoir pris les mesures structurelles qui s’imposent, nous assisterons maintenant à la faillite des institutions démocratiques car l’histoire montre que les crises financières sont toujours le prélude aux catastrophes politiques.

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  2. L’Amérique, malgré sa puissance militaire inégalable, a perdu la guerre au Vietnam à cause de sa mauvaise conscience. Les terroristes, qu’ils aient tort ou raison, ont la foi et sont persuadés qu’ils agissent pour la bonne cause. Alors que l’Europe est attaquée, la télévision publique diffuse des spots antiracistes, histoire à nouveau de nous donner bonne conscience, et nous préparer au combat perdu d’avance. La meilleure arme pour survivre n'est pas la technologie, c'est l'esprit. Au lendemain des attentats de Bruxelles, les « spécialises » et autres prétendus « journalistes » récitaient tous en chœur que ces attentats n’avaient pas de rapports avec les arrestations des auteurs des attentats de Paris : « quatre jours, c’était trop court pour préparer une telle opération », clamaient-ils tous du haut de leur certitude puérile. Hier, les services de renseignement avaient la preuve que les attentats de Bruxelles étaient bien une réponse aux arrestations… Hé oui, les terroristes ne connaissent pas, contrairement aux démocraties endormies pour le poison de l’Etat-providence, les décrets d’application, les mesures d’exception, les syndicats et les 35 heures… En quatre jours, quand on est convaincu et motivé, c’est beaucoup… C’est difficile de faire comprendre ça aux lycéens qui se sont mobilisés contre la loi sur le travail : vous vous rendez compte, pour avoir de l’argent, dans la vie, il faut… travailler. Face à la menace de l’horreur terroriste, le président de la république va brandir l’arme fatale : la révision de la constitution ou la déchéance de nationalité…. Oula, comme cela doit faire peur à des individus armés de mitraillettes et de missiles jusqu’aux dents… Pourquoi ne pensent-ils pas à rétablir la peine de mort pour les kamikazes récidivistes pour paraphraser Pierre Desproges ? A propos, un jour, un certain Jacques Chirac, président de la république française, a révisé la constitution pour y introduire le principe de précaution, et un certain président d’une université française, à Perpignan, m’a fait interné, sans sommation et sans jugement, me privant de tous mes droits les plus fondamentaux, au nom du principe de précaution, sans que personne ne s’en émeuve une seconde… N’est-ce pas du terrorisme en col blanc ça ?

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  3. Ecomusique - vidéo Dailymotion

    Ecomusique - vidéo Dailymotion: Le chercheur est un artiste et l'artiste un chercheur. Le premier est en quête d'une vérité introuvable, tandis que le second à la poursuite d'une beauté inaccessible. Jean-Louis Caccomo

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  5. L'argent, les français et le revenu complet - vidéo Dailymotion

    L'argent, les français et le revenu complet - vidéo Dailymotion: Sans argent gagné honnêtement il n'y a pas de liberté. Bien-sûr, l'argent ne fait pas le bonheur, mais sans argent, c'est le malheur assuré. Jean-Louis Caccomo - Economiste - IAE de l'UPVD

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  6. Ce qui m’étonne le plus, c’est précisément l’étonnement général des commentateurs et analystes officiels. Il est pourtant aisé de constater que, depuis trente ans, aveuglés par leurs ornières idéologiques, ils se sont systématiquement trompés, enfermés dans le déni. De Reagan à Trump, ou encore l’euro qui devait être la solution miracle aux endettements des Etats, et plus récemment, le Brexit, l’ascension de Fillon (le troisième home…. Pourtant, on continue à les inviter pour leur demander leurs savantes opinions. Si vous allez chez un médecin qui tue votre enfant, le consulteriez-vous à nouveau en cas de maladie ? Depuis trente années que j’observe l’évolution de la situation économique de la France, il m’apparaissait évidemment que Hollande ne devait pas se représenter. D’ailleurs, je n’ai jamais compris pourquoi il a été élu… Compte-tenu de ses promesses péremptoires, il aurait même dû démissionner depuis longtemps. On se souvient tous du fameux « Moi, Président… ». N’importe quel locataire, quand il s’engage dans un bail, sait qu’il doit laisser au propriétaire un appartement dans l’état qu’il l’a trouvé, sauf le locataire de l’Elysée… Hollande s’était engagé à inverser la courbe du chômage. Or, si l’on compare le niveau du chômage avant Hollande et après, il s’est accru. Ne lui jetons pas la pierre, ce fut le cas de tous les présidents qui l’ont précédé depuis Valery Giscard d’Estaing. Donc, il n’a rien inversé du tout, le Titanic continue de foncer sur l’iceberg. La réduction du temps de travail, notre modèle social, la hausse des prélèvements obligatoires n’y font rien ; pire, ils nourrissent précisément la cause du chômage structurel [1]. Et ce n’est pas sur la base des derniers chiffres que l’on peut prétendre observer un changement de tendance, aucun statisticien sérieux ne s’y risquerait. Hollande, fustigeant la finance internationale « notre pire ennemi » - que je sache, ce ne sont pas les traders qui tirent au bataclan -, avait promis éthique et transparence. Et les scandales n’ont pas manqué de lui éclater à la figure. Mais il y a plus grave. Nos gouvernants affirment sans arrêt que nous avons le "meilleur système éducatif au monde" (et on pourrait dire la même chose de la santé), comme pour nous auto-persuader, alors que, d’années en années, tous les classements internationaux observent notre chute (classement mondial des universités, niveau de l’orthographe dans le primaire, niveau en math, lecture). Nos jeunes se détournent des mathématiques et des sciences alors que les débouchés se trouvent précisément dans des secteurs nécessitant des qualifications techniques pointues, et non de fausses compétences. On distille à longueur de temps de la morale citoyenne, teintée de bons sentiments, à l’école au détriment des fondamentaux. Mais à l’université, les étudiants ne savent plus écrire, faire une dissertation et comprendre la moindre équation. Depuis trente années que j’enseigne à l’université, on me force à alléger sans cesse les programmes et les exigences. Malgré cela, chaque génération nouvelle d’étudiants trouvent au contraire que le niveau est de plus en en plus élevé, et peu de collègues se risquent à noter rigoureusement de peur d’encourir des plaintes quand ce n’est pas un procès. Je n’ose plus leur imposer les cours que j’ai moi-même suivi quand j’étais étudiant en sciences économiques. Voilà bien le résultat d’une politique éducative qui consiste à supprimer devoirs et notations dans le primaire au nom de la lutte (idéologique) contre les inégalités : le nivellement par le bas. L’école a pour mission de transmettre les connaissances et non de faire « du social » ; quant aux parents, ils ont pour mission d’éduquer les enfants, pas d’en faire des enfants rois sans cesse à revendiquer des droits sans effort. Pourtant quand je rencontre les parents, ils sont tous persuadés que leurs chers bambins sont des surdoués… La sanction dans la vie réelle sera sans appel car les lois de l’économie – comme les lois de la gravité - s’imposent à tous. Et faire croire à toute une génération qu’ils savent voler, c’est les envoyer au crash… Le simple fait que François Hollande ait hésité, entretenant un pseudo-suspense digne de la farce tranquille, est proprement scandaleux. Reagan et Thatcher ont été plébiscités pour un second mandat car ils avaient redressé la situation désastreuse dans laquelle se trouvaient leurs pays respectifs quand ils furent élus. Les gens rationnels jugent aux résultats, pas à la couleur de la cravate ou à la popularité de la conjointe… Dans l’hexagone, on les raillait comme on raille aujourd’hui ceux qui ne pensent pas comme nous. Mais le modèle français, personne ne veut l’importer, et pour cause… Nous héritons aujourd’hui d’un pays surendetté, au bord de la cessation de paiement, incapable de se protéger des attentats qui nous menacent, et gangréné par un chômage structurel destructeur. Quant à la croissance économique, elle n’a aucune chance de revenir durablement tant que nous nous accrocherons au mythe illusoire (et scientiste) de la relance keynésienne par la consommation, potion que tous les grands pays, qui ont retrouvé le chemin de la croissance, ont depuis longtemps abandonné. [1] Caccomo J.L.[2012], Le modèle français dans l’impasse, Editions Tatamis, Paris.

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  7. Leçon d'économie avec le dialogue d'un père à un fils (2) - vidéo Dailymotion

    Leçon d'économie avec le dialogue d'un père à un fils (2) - vidéo Dailymotion: Jean-Louis Caccomo, le père (Economiste) Tom Caccomo, le fils (Etudiant en économie)

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  9. Mes années de collèges ne furent pas très heureuses. Je passais souvent pour un pitre rigolo aux yeux de mes camarades, et notamment des filles et j’avais l’impression que cela me nuisait. En fait, sans le vouloir, je les charmais - mais ça, je l’appris longtemps plus tard que, faire rire une fille, était un atout considérable dans le processus de séduction - alors que je croyais que je me ridiculisais. J’avais peu de copains aux collèges. Mes seuls copains étaient ceux de mon village, David, Jacky, Philippe et Patrick. On a véritablement fait les quatre cents coups ensemble car, à cette époque, il n’y avait pas d’ordinateurs ou d’internet pour nous fixer dans nos chambres respectives. Alors, on sortait en mobylette avec la fameuse 103 Peugeot dont tous les gamins du quartier étaient équipés. On avait constitué aussi un club d’astronomie car on adorait regarder les constellations, s’équipant d’un télescope et d’une carte du ciel. Nous avons passé des nuits interminables à s’extasier devant l’infini et je me trouvais petit et insignifiant avec déjà, fortement ancrée en moi, la peur de mourir ou la colère d’être né. On avait aussi monté l’équipe du football des Sieyès pour participer aux tournois de sixte de la ville. J’ai revu récemment, à l’occasion de ce Noël 2014, et par la magie des réseaux sociaux, David, Patrick et Philippe, plus de trente plus tard, et notre complicité était intacte, malgré des trajectoires très différentes qui nous avaient séparées, mais qui se dessinaient déjà à l’époque. Le plus merveilleux souvenir que je retire de cette période est mon premier voyage à l’étranger – en Allemagne – dans le cadre du jumelage de la ville de Digne avec la ville allemande de Bad-Mergentheim. Il s’agissait de rencontrer, et d’habiter une quinzaine de jours, chez notre correspondant allemand. Le mien s’appelait Thomas et j’ai échangé par voie postale avec lui durant toute l’année scolaire, en écrivant à la plume mes lettres en allemand. Dans un premier temps, j’étais terrorisé par l’idée de ce voyage. C’était la première fois que je sortais de chez moi et de mon pays. Mais, comme je faisais allemand en première langue, mon père estima qu’il était important que je participe à ce voyage et ne me demanda pas mon avis. Plus la date du départ approchait, plus j’étais glacé à l’idée de quitter la maison même si je ne m’y sentais pas bien, mais je n’avais jamais voyagé. Et l’idée de me retrouver pendant plus de vingt heures dans un bus avec les autres me glaçait. A part les déménagements qui étaient nos seuls déplacements, mes parents ne partaient jamais en vacance et j’avais passé toutes mes vacances dans des centres aérés à Arras. Pourtant, à l’issue de ce séjour en Allemagne, je ne voulais plus revenir et je me souviens avoir boudé pendant des jours dans ma chambre après ce que j’avais découvert en Allemagne. La vie dignoise me paraissait encore plus morne sinon mortelle. Il est vrai que les voyages forment la jeunesse et, à partir de cet instant, j’ai compris que je voulais faire un métier qui m’amènerait à découvrir le monde. J’allais être servi. En Allemagne, j’ai vécu une sorte de double « dépucelage » : j’ai connu ma première expérience érotique d’une part et j’ai découvert, abasourdi et même foudroyé, l’univers musical que je n’allais plus quitter par la suite. De plus, c’est arrivé en même temps, ce qui a contribué à faire de la musique une expérience érotico-sensuelle autant que théorique et technique. Je tiens d’abord à préciser qu’avant ce séjour, j’étudiais l’allemand quasiment sous la contrainte parce que le conseiller d’orientation avait dit à mon père que les meilleurs élèves devaient étudier l’allemand. De plus, le professeur d’allemand était un homme triste - et au fond de moi, je le plaignais beaucoup car il vivait seul et sa tristesse transpirait sur sa face -, toujours énervé et que nous faisions beaucoup souffrir tant ses méthodes pédagogiques semblaient produire peu d’effet. Il animait cependant le club d’échec du collège auquel je m’étais inscrit et je découvrais à cette occasion à un autre rapport avec cet homme passionné par les échecs. Au final, je n’avais pas une haute estime de la langue allemande qui était très difficile pour nous et qui évoquait toujours l’accent militaire des Boches... Tout changea quand nous arrivâmes dans notre ville de destination pour y rencontrer nos familles d’accueil. Nous découvrîmes alors rapidement que nous étions fébrilement attendues par une cohorte de petites allemandes toutes les unes plus mignonnes que les autres et, comme par magie, la langue des « boches » se transforma en la langue de Goethe. J’avais une envie irrépressible de comprendre et de parler la langue allemande, de "sauter la barrière du langage". Ma famille d’accueil était adorable, totalement à mes petits soins. Surtout, il y régnait une harmonie paisible qui me révéla à quel point cela n'existait pas chez moi. La mère s’occupait des enfants et le père était menuisier-ébéniste. Il me fit travailler dans son atelier rempli de machines-outils imprégnés par l’odeur du bois travaillé et de la sciure fraîche. De surcroit, il y avait, dans le salon principal, un orgue électronique et une boite à rythme – aux sons rappelant le premier album de Jean-Michel Jarre – sur laquelle je jouais chaque jour avant d’aller rejoindre Thomas au collège. Mais, le plus palpitant, c’était les soirées - les fameuses boums - organisées par nos hôtes en ville. C’est là que j’ai connu mon double choc. Tout d’abord, des filles magnifiques et relativement libérées, par rapport à ce que je connaissais à Digne, se trémoussaient sur la musique de Queen, Van Halen, Genesis, Manfred Mann Earth Band, Eagles… Alexandra, aux cheveux longs en vague tombant dans son dos, avait un pantalon skie noir totalement moulant qui me faisait fondre. Elle ressemblait à Olivia Newton John. Dagmar, surnommée Daguy, avec qui j’allai connaître un flirt durant tout mon séjour, nous foudroyait de son regard félin. Et, pendant que je découvrais les multiples variations de la beauté allemande, la musique, nouvelle et éblouissante pour moi, envahissait mes tympans totalement éblouis. D’autant que, sur ces gammes enivrantes qui chatouillaient mes oreilles, je remplissais mon regard de ces corps féminins abandonnés aux rythmes endiablés. Ce nouvel univers me changea radicalement des rares disques de Mike Brant, Claude François, Yves Montand ou Enrico Macias qu’écoutaient mes parents à l’époque même si, en vieillissant, j’ai aussi intégré ces chanteurs mythiques de la chanson française dans mon répertoire. Mais, à mon âge adolescent, on se trémoussait sur les décibels effrénés d’AC-DC ou Deep-Purple, cherchant à impressionner et se faire remarquer par les filles de notre âge, excitées par la puissance de la sono. Pour nos parents, c’était purement et simplement du bruit. Pour moi, ce fut les fondations de ma culture musicale personnelle en parallèle de ma formation classique au conservatoire et à l’école d’accordéon. Au cours d’une de ces soirées, le miracle inattendu se produit. Soudainement, l’ambiance se tamisa et le solo de guitare de Santana, du titre mythique « Europa » que j’écoute toujours aujourd’hui – et que j’interprète souvent -, surgit de la sono. C’est à ce moment qu’une lycéenne de 17 ans, entra dans la pièce. Sa beauté provocatrice et sensuelle me figea sur place. Comme nous n’étions pas à Digne, sous le regard de tous, je me suis dit que je n’avais rien à perdre à tenter ma chance même si elle ne m’avait pas toute de suite accordée son attention. Après tout, dans quelques jours, on serait reparti pour la France. Mais, je n'étais qu'un gamin ridicule de 13 ans. Mais, la guitare de Santana, dont chaque note me pénétrait, m’encourageait et je savais, à cet instant précis, que je pouvais reproduire note par note, sur ma propre guitare, le solo de Santana dès la première écoute, rien qu’en scrutant les courbes d’un corps féminin. C'était une partition vivante... Je décidais d’avancer vers la lycéenne pour l’inviter à danser un slow, sans trop y croire à dire vrai ; et… elle accepta ! J’étais comblé d’autant que ses formes avantageuses tiraillaient mon imagination d’adolescent naissant. Je peux vous avouer ici que je suis plutôt complexé à ce sujet - comme on ne parlait de rien chez moi, on parlait encore moins du sexe même si ce sont des questions essentielles qui conditionnent notre existence -, mais je voue, par contre, un culte à la beauté féminine (et à la beauté artistique en général), autant extérieure qu’intérieure. Mon tempérament sicilien me conduit à succomber aux formes évocatrices des femmes plutôt voluptueuses. La lycéenne allemande était, de ce point de vue, parfaite à mes yeux. Nous nous sommes pris dans les bras et, comme elle était plus grande que moi, mon visage se trouvait juste à la hauteur de son décolleté plongeant. Ce fut le prélude à des moments intenses et fascinants dans la vie d’un jeune garçon. Je nageais à cet instant dans le pur bonheur et, même si cela s’était arrêté, je lui en aurais été reconnaissant jusqu’à la fin de mes jours. Pourtant, je n'ai jamais su son prénom. Mais, il y a eu la suite…

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