1. Les ultra-féministes manifestent aujourd'hui devant les magasins de jouets parce qu'elles sont choquées que les parents achètent des cadeaux de garçons pour les garçons et des cadeaux de filles pour les filles. Bientôt, elles vont nous dire d'habiller les filles en garçons et les garçons en filles. Et on se demande pourquoi les rapports entre les hommes et les femmes sont devenus si compliqués... Par ailleurs, les oppositions aux crèches de Noël se multiplient à l'approche des fêtes. Pareils délires n'existaient pas durant mon enfance. Mais qui sont ces gens qui veulent absolument s'en prendre aux traditions ancestrales au cœur de la nature humaine comme aux pires heures du totalitarisme soviétique. Faut-il corréler ces pressions à la montée d'une immigration incontrôlable ? Oserai-je faire le lien au risque de passer pour un extrémiste ? Les totalitarismes ont toujours eu pour objectif de briser la famille (lieu de la reproduction sociale inégalitaire selon Bourdieu) et d'anéantir le sentiment religieux. Chez nous, l'Etat-providence est devenu un nouveau totalitarisme dont la laïcité en est l'avatar. Etre laïque, cela devrait vouloir dire être tolérant avec toutes les religions comme le défendait Voltaire et non les étouffer ou les interdire. Quant aux ultra-féministes qui croient se battre pour la liberté et l'égalité, elles oublient que les hommes et les femmes sont tout simplement différents (et non égaux) et donc complémentaires. Je viens de déménager et je ne crois pas avoir vu des employées femmes trimbaler mon piano et mes bibliothèques jusqu'au troisième étage de mon immeuble. C'est curieux non ? En fait, notre déclin économique est bien le résultat d'un déclin moral qui conduit les acteurs de la société à démissionner de leurs responsabilités, leurs différences et leurs complémentarités.

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  2. Faut-il supprimer les notes à l'école ? Faut-il travailler le dimanche ? Parce que l'on s'obstine à ne pas vouloir faire les inévitables réformes que tous les grands pays ont fait, on se pose les questions les plus inutiles et surtout insolubles au niveau collectif. Ces questions reviennent au devant de l'actualité depuis trente ans alors qu'il suffirait de laisser les agents concernés libres de décider par eux-mêmes. Car cela ne relève pas de la politique mais bien du libre choix. C'est pourquoi elles deviennent insoluble. Si l'Etat impose n'importe quelle solution, il y aura toujours une corporation pour s'élever contre. Alors il changera son fusil d'épaule et se mettra à dos une autre corporation. C'est pourquoi nous sommes perpétuellement dans l'impasse, face à un mur infranchissable, un mur que nous nous sommes construit nous-même alors que certains pays ont abattu le leur. Cet immobilisme illustre le drame de l'interventionnisme omnipotent qui en devient inefficient. Alors que le meilleur gouvernement serait le gouvernement minimum, nous avons dérivé vers un gouvernement maximum mais paralysé parce que tout est devenu affaire publique : la santé, l'éducation, l'économie... Sans le dire, mais pour arriver à cela, il a fallu pour cela collectiviser même les esprits. Car les gens ne se posent même plus cette question : ils constatent l'inefficacité de l'Etat et ils demandent en réponse plus d'Etat. Donnez leur du pain et des jeux, et ils abandonneront leur liberté en vous acclamant. Les empereurs romains l'avaient bien compris. Mais quand on sacrifie sa liberté et donc sa responsabilité, l'économie s'arrête aussi de fonctionner puisqu'elle n'obéit qu'aux décisions des agents libres, pas aux plans gouvernementaux. Et les plans étatiques ont la fâcheuse faculté d'annihiler toute initiative individuelle. L'engrenage fatal s'enclenche alors : constatant la défaillance des agents individuels (entreprises, ménages) dont il est pourtant le seul responsable, l'Etat accroît alors le champ de ses interventions et le domaine de ses compétences. Alors inéluctablement, le temps se fige en terre de France...

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  3. De toute évidence, les manifestants prétendument écologistes n'aiment pas lé débat d'idées, ils préfèrent la violence et la haine. En fait, au nom d'un respect aveugle de la Nature, ils en demanderaient presque la disparition de l'humanité. Ainsi, l'environnement serait préservé. La nature est belle parce que l'homme existe pour la contempler. Mais la Nature est aussi cruelle et violente. La Nature, c'est aussi les tsunamis (j'en sais quelque chose), les tremblements de terre, le choléra ou la peste, la maladie, la sélection naturelle... Il a fallu des siècles à l'homme pour s'extirper de sa condition naturelle tellement fragile et instable, notamment grâce à la civilisation et à la technologie dont bénéficient chaque jour tous ces manifestants enragés. L'homme façonne la nature depuis le début de l'humanité. Telle est sa condition. La position qui consiste à se prosterner devant elle constitue une régression dangereuse qui nous conduirait à un déclin fatal, au retour à l'âge de pierre. Seuls les pays riches ont les moyens de concevoir et diffuser les technologies propres de demain qui nous permettront de relever les défis environnementaux. Et pour être un pays riche, il faut de la croissance. Mais les écologistes refusent le débat et ne veulent rien n'entendre. Je suis toujours inquiet de voir des gens, qui se disent éclairés et sont persuadés d'être dans le camp du bien, refuser le débat. Personnellement, j'ai toujours préféré le combat des idées que la violence des armes qui ne mène qu'au chaos. C'est vrai que, sans l'humanité, l'environnement serait épargné. Faut-il donc exterminer les hommes ? Certains y ont pensé déjà avant nous et avaient commencé le travail. Hitler (comme Pétain) lui-même prônait le retour à la nature en vomissant sur le capitalisme. En général, j'observe que les adorateurs de la Nature détestent leurs semblables. Et comme la fin justifie les moyens à leurs yeux, le pire est sans doute à redouter. Mais, depuis l'échec cinglant du communisme et l'effondrement de l'Union Soviétique, tous ces agitateurs se sont engouffrés dans la cause écologiste. L'environnement n'est qu'un alibi qui ne trompe que les aveugles. Leurs vraies et seules motivations, c'est encore de se déchaîner contre le libéralisme et la mondialisation qui seraient forcément coupables du crime environnemental. Ils étaient étrangement muets quand l'Union Soviétique laissait couler des sous-marins nucléaires en Mer Noire ou construisait des centrales thermiques obsolètes. Ils s'en prennent à la police parce que la police serait responsable d'une bavure. Mais ils ont envoyé au feu un jeune au nom d'une cause très mal analysée. Evidemment, il ne leur viendra jamais à l'idée de se remettre en question. Il est plus facile de casser encore et encore, de provoquer l'incident et de chercher le drame pour ensuite accuser à nouveau. Mais on récolte toujours ce que l'on sème. C'est une des lois de la Nature.

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  4. Soyez heureux ! La vie est tellement mystérieuse et insaisissable. Elle nous échappe à notre insu alors que nous croyons la dompter et que nous cherchons à tout maîtriser. Vaine illusion. Il vaut mieux accepter notre sort et savourer ce que la vie nous offre en retour. Alors, n'attendez pas qu'un malheur survienne (car un malheur surviendra toujours), il se pourrait que ce soit alors trop tard. Il m'a fallu traverser les pires épreuves pour prendre conscience de cela et je regrette encore de ne pas l'avoir compris plus tôt. C'est si simple. Le bonheur est si simple finalement. Il suffit de s'installer à une terrasse de café pour écouter le bruit du vent dans les branches, ou regarder une jolie fille qui marche dans la rue. Ou encore partager un moment sacré en faisant les devoirs avec ses enfants ou en dînant avec ses amis... Il y a tellement d'occasions d'être heureux sans débourser des fortunes colossales toujours sources d'inquiétudes. Le bonheur est si proche de nous et il nous tend la main à chaque instant. Pourtant, on se focalise sur les tracasseries quotidiennes qui empoisonnent notre existence. On est sans doute conditionné à voir tout en noir tellement l'information distillée en permanence par les médias est anxiogène. Comme on le dit très justement, on annonce les avions qui s'écrasent mais on ne voit pas tous les avions qui arrivent à bon port. Et cela finit par déformer notre perception du monde et des choses qui nous entourent. On finit par voir tout en noir et l'on ne voit plus rien. Certes, la vie peut être dure (et je suis bien placé pour le savoir), mais c'est la vie, un don du ciel que le ciel nous enlèvera un jour de toute façon. Mais même quand on a des problèmes, c'est que l'on est vivant, un cadavre n'a pas pas de problème. Et être vivant constitue en soi un miracle toujours renouvelé. Alors soyez heureux !

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  5. Les conflits récurrents - qui témoignent d'une panne évidente du "dialogue social" auquel nous croyons tant - sont l'occasion de voir chaque catégorie sociale brandir ou dénoncer le revenu "scandaleux" de son voisin. En fait, la redistribution, non seulement démotive les producteurs de richesse, mais attise la jalousie. Mais j'irai encore plus loin. On prend pour acquis intangible - voire principe absolu - qu'un instituteur A devrait gagner autant qu'un instituteur B, qu'un chercheur A devrait gagner autant qu'un chercheur B, sans prendre en compte les différences de talents, de motivation ou d'implication. On ne reconnait pas la valeur individuelle ; on paye un statut. Alors certains se plaignent régulièrement, arguant du fait qu'ils "sont mal payés". Mais ne fallait-il pas y penser avant ? Quand on veut être bien payé, on s'engage dans des formations qualifiantes qui débouchent sur des perspectives de carrière gratifiante. Et il y en a ! On ne peut pas ne pas vouloir faire d'études longues mais être payés comme un docteur. Par ailleurs, l'argument qui consiste à dire "je suis sous-payé dans mon travail" peut aussi se discuter. En effet, en économie, on montre que l'on s'aperçoit que l'on est sous-payé par son employeur lorsqu'un autre employeur vous fait une proposition plus intéressante. Certains de mes collègues chercheurs me disent qu'ils sont mal payés par rapport à nos homologues américains, ce à quoi je réponds : "Une université américaine t'a-t'elle fait une proposition plus intéressante ?".... Après un silence, il me répond "Non". Alors tu es peut-être pas si mal payé ici. On ne peut pas gagner sur tous les tableaux. Les universités américaines vont faire des propositions mirobolantes aux meilleurs chercheurs du monde entier. A l'échelle internationale, aucun chercheur (comme aucun footballeur) ne gagnera le même revenu tout simplement parce que le revenu sanctionne les différences de qualifications, talents et compétences. C'est une loi économique fondamentale que nous n'avons toujours pas compris en France. Mais au nom de quel principe, une partie de la population active devrait échapper à cette loi ?

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  6. Dans un monde ouvert, marqué par le changement, l'évolution incessante et l'innovation, la complexité, l'imprédictibilité, le conservatisme économique et politique constituent sûrement une posture suicidaire. Le conservatisme économique est grandement le fait de la puissance des corporatismes et des syndicats, arc-boutés sur la défense de leurs positions acquises (justifiées dans le passé mais intenables aujourd'hui). De manière chronique, chaque profession (les cheminots, les pilotes, les huissiers, les taxis, les agriculteurs...) paralysent l'économie pour maintenir le statu-quo. C'est un rituel implacable devant lequel recule chaque gouvernement, qu'il soit de droite comme de gauche malgré les dégâts économiques que ces paralysies entraînent. Il va sans dire que les gouvernants s'empressent de nous rassurer que le "modèle social" français sera préservé alors même que l'implosion de notre économie est le plus sûr moyen de couler ce modèle. Au passage, si c'était véritable un "modèle", pourquoi le reste du monde ne s'en inspire-t'il pas. N'est-ce pas la définition d'un modèle ? Autre indice tout aussi significatif, quand on regarde les plus grandes entreprises côtées à Wall-Street aux Etats-Unis - ou le palmarès des 500 plus grandes fortunes publié par le magazine Fortunes - on constate un profond renouvellement tous les 20 ans. Quand j'étais étudiant en économie, Google, Facebook, Microsoft, Tweeter... n'existaient pas. Et bien malin celui qui peut nous dire quels seront les géants américains de demain. Le contraste est grand avec la France alors que la plupart des grandes entreprises de CAC 40 étaient déjà là 30 ans plus tôt. Quant au conservatisme politique, c'est sans doute la pire caractéristique de l'exception française. Encore une fois, la comparaison avec les Etats-Unis (ou l'Allemagne) est sans appel. Là-bas, quand un président perd les élections, il se retire de la vie politique avec l'ensemble de son administration ainsi désavouée, à charge du parti de faire émerger un candidat nouveau. Chez nous, ce processus ne fonctionne pas au point que l'on voit réapparaître les mêmes en place depuis des décennies. A gauche, Laurent Fabius, ancien premier ministre de François Mitterrand, est aujourd'hui ministre des affaires étrangères de François Hollande. A droite, on retrouve Alain Juppé - on ne peut pas vraiment dire qu'il soit un nouvel arrivant - affiche ses prétentions présidentielles. Or, tous ces hommes et femmes politiques, qui semblent gérer une rente à vie, ont conduit la France là où elle est aujourd'hui. Il est vrai que l'on ne change pas une équipe qui perd. Et que penser du retour de Sarkozy, battu par François Hollande, lequel envisage sans doute de se représenter... Si notre pays n'est plus à la pointe des innovations, de la croissance économique, il y a fort à parier que ces conservatismes en sont la cause majeure. Mais, on ne voit pas comment les dirigeants donneraient l'exemple, en supprimant les rentes politiques dont ils bénéficient. La monarchie française a été balayée par la révolution pour ne pas avoir voulu entreprendre les réformes défendues par Turgot (abolition des privilèges). L'Union Soviétique s'est effondrée là encore parce que ses dirigeants, coupées de la base - n'a pas voulu faire aboutir les réformes lancées par Gorbatchev. C'est un avertissement historique : le conservatisme est un suicide économique et politique.

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  7. "Nous courons sans souci dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir". Pascal, Pensées. Quand j'ai intitulé mon dernier livre "Le modèle français dans l'impasse", je ne croyais pas si bien dire et j'aurai sincèrement préféré me tromper. Mais cet essai - qui n'a pas une prétention scientifique - est aussi le produit d'une réflexion qui m'anime depuis plus d'une décennie à l'instar de mes chroniques reprises sur les différents blogs ( Québécois Libre, Contrepoint, Atlantico, Gold Page). J'ai passé les trois quarts de ma vie dans un pays où les gouvernements fraîchement élus nous annonçaient que la crise était derrière nous. On se souvient encore de la fameuse phrase du président Giscard d'Estaing : "Je vois le bout du tunnel". De la même manière, on a vu la côte de popularité de chaque président élu dans l'euphorie s'écrouler quelques mois après leur prise de fonction, faute d'avoir accompli les inévitables réformes que tous les autres grands pays ont fait depuis longtemps. Enfin, chaque année, on nous assène que "la rentrée sera difficile". Mais comment cela pourrait-il en être autrement puisque tout est mis en oeuvre pour dépecer notre appareil productif et faire fuir le capital humain en étouffant l'économie, la seule source de création de richesses. Comment peut-on continuer à avoir la prétention de distribuer des richesses quand on affaiblit le moteur de la production de ces mêmes richesses ? Il est quand même stupéfiant de constater, qu'en 2014, le fait que le ministre du travail se propose de "contrôler les chômeurs fraudeurs" ou que le premier ministre annonce devant le MEDEF qu'il "aime les entreprises" provoque un tollé et fasse la une de la presse dithyrambique. C'est pourtant tellement basique pour qui possède quelques connaissances élémentaires de l'économie. Dans ce contexte délétère, les partis de gouvernement (PS, UMP) sont eux-mêmes dans un état de crise profonde ce qui fait l'affaire des partis extrêmes dont l'ascension prévisible et inévitable n'augure rien de bon pour notre pays. Mais l'histoire montre toujours que, lorsque les partis parlementaires sont déficients, les institutions démocratiques sont fragilisées, ce qui fait le terreau de la montée des partis populistes. A l'instar d'un pays, quand une entreprise est mal gérée, elle fera l'objet d'un redressement drastique. Mais comment des partis politiques, qui ne savent pas se redresser ni gérer eux-mêmes, pourraient-ils prétendre redresser et gérer tout un pays aussi mal en point que le notre ? Même si je l'ai déjà dit à d'autres occasions, le manque de culture économique de notre classe politique est consternant et provient certainement du fait que la grande majorité du personnel politique n'a jamais eu à gérer une entreprise, n'étant jamais soumis à aucune obligation de résultat. Immanquablement, et malgré les alternances, ils conduisent la France vers la faillite.

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  8. « J’ai voté avec la droite contre la gauche, quand il s’est agi de résister au débordement des fausses idées populaires. J’ai voté avec la gauche contre la droite, quand les griefs légitimes de la classe pauvre et souffrante ont été méconnus » . F. Bastiat, 1862, Oeuvres économiques. S’ils sont si nombreux ceux qui se proclament à l’avant-garde du combat social, c’est qu’il y a une grande facilité à se montrer généreux avec l’argent et l’effort des autres. Mais, comment systématiquement attaquer ou retarder les privatisations, demander à l'Etat de combler les déficits des entreprises publiques et des régimes sociaux et refuser dans le même temps d'étendre l’assiette fiscale à une plus grande partie de la population ou d’entreprendre toute réforme du secteur public ou de la sécurité sociale ? Comment prétendre défendre le système de retraite par répartition, vouloir travailler moins et refuser toute forme de capitalisation ? La France aurait trouvé la réponse miracle : il faut s'attaquer aux riches, il faut ponctionner les marchés financiers et limiter la spéculation. Mais, on ne rend pas service aux gens de condition modeste en s’attaquant à ceux qui gagnent de l’argent car, dans une société où il n'y a pas de riches, c'est que tout le monde est pauvre ! Dans un tel univers, l'égalitarisme est à ce point écrasant qu’il conduit à supprimer les riches plutôt qu’à accepter l’enrichissement du plus grand nombre. En supprimant la possibilité de s’enrichir - et donc de changer sa condition d’origine -, on détruit dans le même temps toute incitation au travail efficace et tout espoir dans l’avenir. Les pays qui ont permis le plus grand épanouissement possible des principes du libre-échange et de la libre entreprise sont aussi ceux qui ont connu la plus grande prospérité. A l’inverse, les pays, qui ont subi pendant près de 70 ans l’expérience collectiviste de l’économie dirigée, ont assuré la pauvreté pour la masse de leurs citoyens. Si la tendance à la paupérisation des masses s’est réalisée quelque part, c’est bien dans les nations qui ont éliminé le droit à la propriété privée et le principe de concurrence parce que leurs dirigeants ont cru qu’il pouvait construire, produire et régenter l’ordre social. Faire du « social », voilà la grande ambition moderne des politiciens au moment où ils se rendent compte de leurs capacités limitées à contrôler l’économie. Tout est alors décliné à l’aune du social : l’économie sociale, les prélèvements sociaux, la social-démocratie ou encore la politique sociale. Mais, l’action sociale est bien illusoire si elle consiste à briser les ressorts de la dynamique économique alors même que les dimensions économiques et sociales sont inextricablement entremêlées. Dès 1776, Adam Smith faisait remarquer qu’il suffisait, « pour passer de la plus extrême barbarie à la plus grande opulence, d’assurer la paix, une administration juste et de faibles impôts ». Mais, voilà bien un rôle de l’Etat trop raisonnable et modeste pour contenter l’orgueil et l’ambition du personnel politique. La dénonciation des inégalités est un refrain bien connu et qui fera toujours recette tant certaines inégalités sont en effet insupportables et illégitimes. Cependant, l’existence de gens riches n’est pas un problème pertinent en soi. La question est de savoir si ce sont toujours les mêmes qui s'enrichissent et en fonction de quels critères : le travail ou la naissance, l’effort ou le patrimoine, le mérite ou le piston, la compétence ou la corruption ? En liant le revenu du travail à sa productivité, l’économiste montre l’importance de l’effort, du mérite, des compétences et du talent dans la double détermination du revenu économique et des différences de revenus. La reconnaissance de la diversité des talents et des efforts se traduit inéluctablement par une échelle des revenus, laquelle agit comme une incitation à l’effort, seule moteur du progrès pour tous dans le respect des différences de chacun. Il n’est donc ni raisonnable, ni efficace de vouloir réduire à tout prix cette échelle de revenus. Ceux qui ont le privilège rare de briller sous les feux médiatiques s’en prennent volontiers à l’économie en l’assimilant à une sorte de vision comptable complètement déshumanisée et peu soucieuse des malheurs humains. Mais, il est indécent de voir des personnalités du show-biz ou des vedettes du sport donner des leçons de vertu et de désintéressement alors que la plupart d’entre eux se font fort de déclarer leurs revenus dans un pays fiscalement plus accueillant (en Suisse par exemple) tout en médiatisant leur dévouement « désintéressé » pour une cause sociale ou humanitaire. Pourquoi cherchent-ils à échapper, en tant que contribuable anonyme, au financement de la production de biens et services publics ? Ce rapport hypocrite à l’argent est affligeant, tout autant que le discours anti-économique qu’il cautionne. Ce discours se complaît à décliner l’éternelle rengaine anticapitaliste alors même que ses promoteurs les plus zélés répugnent à entrer dans des discussions trop techniques dès qu’il s'agit de réfléchir sérieusement sur le fonctionnement réel de l’économie. Vous comprenez, nous disent-ils, nous ne sommes pas des spécialistes en économie et ces choses trop sérieuses ne nous intéressent pas. C’est là tout le drame ! Comment peut-on parler si sûrement de choses que l’on ne veut pas connaître ? L’économie a plus à voir avec la logique qu’avec l’idéologie et certains de ses principes les plus fondamentaux n’ont pas été inventé par les économistes mais découvert par les plus brillants. A l’heure des débats spectacles, où il s’agit plus d'impressionner que de convaincre - et en ce domaine, les gens du spectacle sont bien des professionnels -, où il s’agit plus de faire monter l’audience que d’éveiller les consciences, le discours économique ne plus trouve guère sa place. Et ses rares défenseurs sont bien timides quand ils se réfugient derrière l’académisme universitaire aussi hermétique qu’élitiste.

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  9. Pour appréhender la question du chômage, il faut au préalable poser une définition précise du chômeur. La classification d’un individu comme chômeur varie selon les définitions utilisées. La définition la plus usuelle est la suivante : un chômeur est généralement un individu qui appartient à la population active, qui n’a pas d’emploi, et qui en cherche un activement. Cette définition fut proposée par l’Organisation internationale du travail (OIT, ex-BIT). Cependant, elle est assez floue et sujette à des variations dans son interprétation. En novembre 2007, l’Insee a fait évoluer sa méthodologie pour coller à l’interprétation d’Eurostat. La définition s’est alors affinée : est « chômeur » une personne en âge de travailler (16 ans ou plus) qui est : - sans emploi (ne pas avoir travaillé, même une heure, pendant une semaine de référence) ; - à la recherche active d'un emploi ; - disponible dans les quinze jours. Une seconde définition du chômage existe, celle de Pôle emploi, selon laquelle est un « demandeur d'emploi », un chômeur qui, en France, est inscrit à Pôle emploi. Le gouvernement, lorsqu'il communique les chiffres du chômage, parle uniquement des inscrits de la catégorie A de Pôle emploi. Armée d’une définition, on peut alors passer à l’estimation du nombre de chômeurs. En France, le taux de chômage (nombre de chômeurs/population active) se monte à 9.7 %. A la fin juin 2014, cela porte le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A à 3 398 300. Au total, le nombre de demandeurs d’emplois de catégories A, B, C s’établit à 5 043 200. Le niveau et la persistance d’un tel chômage défit non seulement une grande partie des experts mais aussi l’ensemble de la classe politique de telle sorte qu’aucun gouvernement n’a réussi à endiguer durablement ce fléau. Il convient donc de revenir sur la dimension théorique pour redonner à l’action toute son efficacité. En la matière, il existe un foisonnement de théories qui se sont attaquées à l’explication du chômage avec plus ou moins de succès. Notamment à partir des années 80, on a pu assister à une renaissance des modèles partiels explicatifs de telle ou telle situation de sous-emploi (chômage keynésien, chômage classique, chômage lié aux différentes rigidités du marché du travail, chômage lié aux conditions d’information imparfaite). Malgré cette richesse théorique, la recherche a rarement débouché sur des politiques et des actions concrètes efficaces en matière de lutte contre le chômage. Il y deux raisons principales à cet état de fait : soit que les théories en question étaient trop abstraites, soit que les décideurs politiques sont restés sourds aux enseignements de la théorie quand ils n'allaient pas dans leur sens. De plus, et notamment en France, l’analyse du chômage a généralement emprunté un cheminement keynésien qui débouche sur le raisonnement suivant : à cause d’une consommation des ménages faible, la croissance économique est ralentie ; en conséquence, le chômage augmente ou ne peut pas baisser. Il s’en suit qu’il faudrait relancer la consommation des ménages, seule moteur de la croissance selon cette perspective. Si une telle perspective analytique est de nature à expliquer le chômage à court-terme (encore appelé « chômage conjoncturel »), elle s’avère dépassée pour rendre compte du chômage de long-terme (lui-même appelé « chômage structurel »). Or, notre pays souffre de la persistance, depuis des décennies, d’un chômage structurel. Dans cette optique, il convient de renverser l’ordre des causalités : c’est la faiblesse de la croissance qui mine à la fois la consommation et l’investissement, entraînant du même coup une explosion et une persistance du chômage. Tant que l’on raisonnera à l’envers, confondant la cause avec les effets, on ne parviendra jamais à réduire de manière significative et durable le niveau et le taux de chômage dans notre pays. Pour diminuer le chômage, il faut libérer la croissance. Les ménages consomment moins car ils sont devenus plus pauvres à cause de la chute structurelle du taux de croissance économique depuis trois décennies. La consommation des ménages ne se décrète pas. Mais nous récoltons aujourd’hui les fruits d’un immobilisme suicidaire à force d’avoir retardé, depuis les années 80, les réformes nécessaires, au retour d’une croissance économique viable et pérenne.

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  10. Les théoriciens de la concurrence imparfaite, en banalisant l’adjectif « imparfaite », considèrent que l’on ne peut décidément pas faire confiance en la concurrence pour concilier les intérêts nécessairement divergents (à court terme néanmoins) des protagonistes du marché. La « concurrence imparfaite » est cependant un concept dérivé du modèle de « concurrence pure et parfaite » auquel il prétend se substituer en l’affinant. Pourtant, le modèle, même affiné, n’est sans doute pas une représentation fiable de la réalité des processus de marché. Si la plupart des manuels d’économie proposent des présentations détaillées et abondamment illustrées des modèles de concurrence imparfaite, ils éludent le plus souvent une telle question qui implique de revenir sur les fondements philosophiques du principe même de concurrence. Considérons l’exemple du marché du travail pour illustrer ce propos. Il est clair que le monde réel, dans lequel nous vivons tous, est loin d’être parfait. Il est clair aussi que la concurrence telle qu’elle existe, dans le monde réel, est quelque chose d’autre que la « concurrence pure et parfaite ». Pourtant, l’origine des défaillances constatées est loin d’être établie clairement. Si une grande partie des économistes se montrent favorables à l’idée d’encadrer la concurrence par des instances extérieures au marché, c’est soit qu’ils ont une conception néoclassique de la concurrence, soit qu’ils ne reconnaissent aucunement les vertus du marché libre (keynésiens, marxistes, régulationnistes…). En agrégeant tous ces courants de pensée, on obtient finalement la majorité des économistes qui considèrent qu’il y a des imperfections qu’il faut – et que l’on doit - corriger. Mais, si les développements récents vont dans le sens de la législation de la concurrence, c’est notamment en raison de l’impossibilité de se rapprocher, dans la réalité, des conditions de la concurrence pure et parfaite telles qu’elles ont été définies par la théorie. Pourtant, sommes-nous certains de la pertinence des références en ce domaine ? La question est loin d’être anodine car, si la référence est fausse, alors les conclusions le sont tout autant et ce que nous appelons « défaillance » est alors tout autre chose . Le marché du travail en France est caractérisé aujourd’hui par la coexistence d’un côté d’un nombre important de chômeurs de longue durée et de chômeurs diplômés ; et d’un autre côté, par une pénurie croissante de personnel dans un nombre important de secteurs, que ce soit de personnel qualifié ou non. Le moins que l’on puisse observer est donc une grande défaillance dans la quête d’un équilibre du marché du travail. Face à ce constat, on en appelle généralement aux pouvoirs publics. Pour autant, le marché du travail en France est-il l’exemple d’un marché libre ou d’un marché perturbé à force de réglementations et de collectivisation des processus de négociation qui empêchent tout ajustement fin des offres et des demandes ? Il suffit de mentionner l’existence du S.M.I.C., de la complexité du droit du travail, du poids des charges sociales, des nouvelles réglementations, du poids de l’Etat dans l’éducation et la formation pour constater qu’il n’existe pas, dans les faits, un réel marché du travail sur le dos duquel on pourrait imputer la responsabilité du chômage. Sans avoir la prétention de trancher une question si complexe, l’économiste n’a pas le droit de s’interdire de se poser la question inverse. N’est-ce pas plutôt les tentatives constantes et maladroites de régulation forcée et de manipulation de l’offre et de la demande de travail, par des mécanismes réglementaires et administratifs (telles les conventions collectives qui se substituent de plus en plus au contrat de travail dont le fondement est individuel) qui neutralisent toutes possibilités d’ajustement fin, qu’il soit quantitatif ou qualitatif. Le moins que l’on puisse constater est que cette tentative de « régulation » se solde par de terribles et coûteux échecs. Si les échecs de la régulation sont plus coûteux que les imperfections de la concurrence qu’elle était censée corriger, n’aurait-on pas plus intérêt à restaurer les conditions du plein épanouissement des lois économiques ? En tout cas, la redoutable question du chômage nous renseigne plus sur les défaillances de l’administration et de sa gestion que sur les prétendues défaillances inhérentes à un marché libre. Car comment imputer le déséquilibre constaté aux défaillances d’un marché qu’on empêche précisément de fonctionner ?

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