1. La science économique est utile dans la mesure où son étude nous permet de dire aux dirigeants ce qu’il ne faut pas faire ; mais elle ne nous dit pas ce qu’il faut faire. La science économique est utile en négatif, pour nous aider à définir les cadres pour l’action ; mais la science économique peut être dangereuse si elle prétend donner des outils d’actions aux dirigeants eux-mêmes. Car, les décisions politiques ne peuvent pas - ne doivent pas - toujours se substituer aux décisions individuelles à force de vouloir régenter l’économie. Et à force de vouloir faire ce pour quoi il est le moins apte – réguler l’économie et produire le « social » -, l’Etat ne remplit plus les missions pour lesquelles il est le plus apte : à savoir la justice, la sécurité et la défense du territoire. Et ce sont précisément ces services publics régaliens et essentiels qui manquent aujourd’hui cruellement de moyens alors que le poids des prélèvements n’a jamais été aussi lourd sur notre économie. Les déclarations du style « il faut », « Y a qu’à… », « les riches doivent…. » sont de beaux slogans, mais ils ne peuvent constituer de fondements sérieux à l’action publique. Dans ce registre là, le village gaulois se retrouve souvent à l’unisson pour chanter le refrain de « l’horreur économique » et déclarer la guerre à la « mondialisation ». A chaque grand rendez-vous international, il y a près de quarante ONG françaises qui se distinguent pour déclamer ces poncifs aveuglants. Même lorsque le président de la république nous dit qu’il faut donner un visage humain à la « mondialisation », il faut s’interroger sur les non dits d’une telle proposition aux allures de programme : est-ce à dire qu’il faut instaurer un Etat mondial ? Ou qu’il faut simplement corriger les effets négatifs liées à la « mondialisation » ? Mais effets négatifs pour qui et de quel point de vue ? Le travail des enfants est-il négatif pour les pays pauvres ou pour les pays riches qui voient leur commerce extérieur menacé sur des secteurs en particulier ? Et ces effets négatifs sont-ils bien liés à la « mondialisation », devenu l’alibi bien pratique qui ne désigne plus rien à force de désigner tout. Le marché n’est que l’expression des choix des individus responsables et motivés. A partir du moment où l’on refuse toute légitimité au principe même du marché, on interdit aux individus d’exprimer des préférences et de faire des choix, leur ôtant progressivement la capacité de prendre des décisions. C’est la « route de la servitude » pour reprendre le titre d’un remarquable livre de Friedrich Hayek : lois et réglementations en tout genre se chargeront d’agir à notre place, se substituant à notre libre arbitre. Et le résultat est infaillible : la misère se généralise puisque le processus de création de richesses ne fonctionne plus en l’absence de définition claire des responsabilités. Le maître mot est : régulons ! Alors les politiciens légifèrent sur le temps de travail, les décisions d’épargne, la retraite ou l’éducation…etc. En France, les « nouvelles régulations économiques » ou les lois de « modernisation sociale » sont en marche alors même que l’Etat ne parvient pas à se réguler lui-même lorsque toute entreprise de réforme du secteur public est systématiquement stoppée. Alors l’économie française continuera de s’effondrer et ses éléments les plus dynamiques continueront de s’exiler. N’en déplaise au commandeur Mélenchon, toujours près à vilipender un libéralisme, cependant bien étouffé dans notre pays, notre agriculture – et notre économie en général - ne souffre pas d’un excès de libéralisme mais de plus de trente ans d’interventionnisme en tout genre (lobbies, subventions, quotas). Et l’on retrouve ces lobbies, subventions et quotas dans le secteur de la santé ou de l’éducation, c’est-à-dire partout où la main visible de l’Etat prétend se substituer à la main invisible du marché. A force de régulation administrative, les producteurs en ont oublié les aspirations du consommateur pour se contenter de répondre aux injonctions de Bruxelles ou aux directives de l'Etat. Ce qui est le plus choquant, c’est que la plupart des dérèglements économiques résultant des effets de l’interventionnisme – qui aboutissent toujours à des situations grotesques dans lesquelles les gaspillages les plus criants côtoient les pénuries les plus insupportables – sont imputés systématiquement à un excès de libéralisme. Et l’on pourrait faire la même observation pour le marché du travail où l’on constate des pénuries de qualifications qui coexistent avec un chômage de masse. Il est évident que lorsque tout est mis en œuvre pour empêcher un marché de fonctionner, ledit marché ne fonctionne pas et l’offre ne peut jamais rencontrer la demande. C’est le principal enseignement de la théorie économique Et ceux – qui ignorent et méprisent superbement la science économique -, sont à l’origine des textes et règlements qui étouffent la création d’entreprises et font fuir les innovateurs. Puis, tranquillement installés dans leur bonne conscience sociale, ils se donnent le beau rôle en appelant à manifester contre le chômage, la finance, la misère et les inégalités.

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  2. Patrick Ramirez et Jean-Louis Caccomo ont gagné le procès en diffamation engagé par l'université de Perpignan, par Fabrice Lorente, Président de l’UPVD, et Christine Pagnon-Maudet, directrice de l’IAE. Rappel des faits : Le professeur Jean-Louis Caccomo a fait l'objet d'un internement psychiatrique à la demande de Fabrice Lorente, le Président de l'université de Perpignan, et d’une tentative avortée de ré-internement déclenchée par la directrice de l’IAE, Christine Pagnon. Jean-Louis Caccomo a été interné deux fois, pendant 18 mois, à Perpignan (hôpital psychiatrique de Thuir) puis a été envoyé à Montpellier pour subir des électrochocs. Il a raconté son histoire sur les réseaux pour contourner le silence des médias. Le psychiatre de Montpellier a vu tout de suite que Jean-Louis Caccomo avait fait l'objet d'un internement abusif, il a donc été remis en liberté et réintégrer dans ses fonctions. Jean-Louis Caccomo a donc été interné abusivement pendant 18 mois, voire illégalement, car la privation arbitraire de liberté, sans jugement, et contre son gré, par principe de précaution est anticonstitutionnelle. La personne qui a demandé l'internement de Jean-Louis Caccomo est Fabrice Lorente le Président de l'université de Perpignan, qui a dit, dans l’Indépendant, qu’il était prêt à recommencer « si nécessaire »... Un livre est en préparation pour dénoncer les internements abusifs, dont l'internement du professeur Jean-Louis Caccomo. Pour préparer ce livre, le professeur Jean-Louis Caccomo a accordé un entretien à Patrick Ramirez qui a été filmé. Ce film a été diffusé sur internet par, semble-t-il, le Président du Comité de salut public de Perpignan. Ni le professeur Jean-Louis Caccomo, ni Patrick Ramirez n'avait de responsabilité pour la publication de la vidéo de l'entretien. En février 2015, l'université de Perpignan, Fabrice Lorente et Christine Pagnon-Maudet ont déposé une plainte pour diffamation et injure contre le professeur Jean-Louis Caccomo et contre le valeureux Patrick Ramirez pour tenter de les faire condamner abusivement. Pendant deux ans, une instruction judicaire à charge et une enquête policière ont été diligentées, conduisant à la mise en examen de Jean-Louis Caccomo et de Patrick Ramirez. Les plaintes, manifestement entachées de nullité, ont été déposées par l'avocat Pierre Becque : une plainte déposée par l'université de Perpignan et Fabrice Lorente ; une plainte déposée par Christine Pagnon-Maudet. Dans un premier temps, le professeur Jean-Louis Caccomo et le valeureux Patrick Ramirez ont été mis en examen pour injure et diffamation par les juges d'instruction : Delphine Despit et Stéphanie Pradelle. Ces mises en examen étaient abusives et manifestement illégales. Ensuite, les juges d'instruction, Delphine Despit et Stéphanie Pradelle, ont renvoyé le professeur Jean-Louis Caccomo et le valeureux Patrick Ramirez devant le Tribunal correctionnel pour diffamation et injure. Ces deux renvois devant le tribunal correctionnel étaient abusifs et entachés par une grave erreur de droit au demeurant suspecte. Les deux juges d'instruction, Delphine Despit et Stéphanie Pradelle, ont, dans cette affaire, gravement violé la loi, car le juge d'instruction doit relever d'office la nullité d'une plainte avec constitution de partie civile déposée sur le fondement de la loi sur la presse. Or, en l'espèce, les deux plaintes, déposées par l'avocat catalaniste Pierre Becque, étaient manifestement entachées de nullité. Les juges d'instruction Delphine Despit et Stéphanie Pradelle ont donc abusivement, et en violation de la loi, mis en examen le professeur Jean-Louis Caccomo et le valeureux Patrick Ramirez, mise en examen suivie d'un renvoi illégal devant le Tribunal correctionnel. Par jugement du 21 novembre 2017, le Tribunal correctionnel de Perpignan a donc annulé les deux plaintes déposées contre le professeur Jean-Louis Caccomo et contre le valeureux Patrick Ramirez et par suite annulation de ces deux procédures frauduleuses. Patrick Ramirez avait fait le choix d’un avocat français réputé incorruptible, Me François Dangléhant, qui a déposé des conclusions de nullité, qui ont détruit le travail des juges d'instruction Delphine Despit et Stéphanie Pradelle. Justice a été rendue. On a tenté de faire condamner illégalement le valeureux Patrick Ramirez, qui était sensibilisé par le sort tragique du professeur Caccomo, qui a fait le choix d'un authentique avocat en la personne de Me François Dangléhant, qui a, par son action, anéanti les procédures abusives engagées par l'université de Perpignan, par Fabrice Lorente et par Christine Pagnon-Maudet.

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  3. J’emprunte cette formule savoureuse à Jacques Bichot, professeur des universités à Lyon 3 et spécialiste de la protection sociale en générale, et des systèmes de financement des retraites en particulier. A cette occasion, je veux rendre hommage à son livre consacré à la question du financement des retraites. Sur un sujet aussi abscons, Jacques Bichot a produit un véritable petit bijou. Dans un style croustillant et limpide, il mène une analyse implacable, montrant notamment comment la démagogie partagée par tous les gouvernements aboutit à ne pas traiter une question sur laquelle nous avons pourtant les données depuis au moins trois décennies. « La préparation des retraites françaises au choc démographique prévisible depuis trente ans a ainsi consisté à les fragiliser en leur assénant une série de chocs démagogiques. Ronald Reagan, lui, faisait voter en 1983 une loi disposant que l'âge de la retraite (65 ans, aux Etats-Unis) augmenterait régulièrement à partir de l'an 2000 - ce qui, a fortiori, excluait une diminution entre 1984 et 2000. Dire que les dirigeants français n'avaient pas de mots assez durs pour cet "ancien acteur de série B" et pour le "court-termisme" américain ! » [Bichot, p. 21]. S’il est une question sur laquelle on ne pourra pas dire que l’on ne savait pas, c’est bien la question des retraites. On ne pourra retarder indéfiniment l’inévitable. La France ne dispose pas d’une potion magique qui aurait échappée à l’ensemble des autres pays industrialisés, lui permettant de ne pas faire les efforts que les autres ont dû faire. Tous les pays développés ont affronté la question de la pérennité du système de retraite fondé sur le principe de la répartition, en réponse aux évolutions lourdes qui affectent les tendances démographiques, notamment l’allongement de la durée de la vie et le vieillissement de la population. Or ces évolutions sont de nature à déstabiliser l’équilibre du système de financement des retraites par répartition, système qui a été mis en place en 1945 à une époque où l’espérance de vie d’un français plafonnait à 65 ans (précisément l’âge officiel de départ en retraite). L’alignement des régimes spéciaux sur le régime général n’y changera rien, car les régimes spéciaux vont intégrer un régime potentiellement condamné. L’argument qui consiste à dire que les français sont attachés à leur système de retraite par répartition est un argument spécieux dans la mesure où il vaut mieux éviter d’être attachés à quelque chose qui vous entraîne dans le gouffre. On ne résout pas les problèmes économiques et sociaux à l’affect. De fait, il sera difficile de renverser les tendances démographiques surtout si l’on continue d’adopter des lois et cautionner des comportements qui contribuent à réduire la base réellement active de la population totale. Ainsi, l’allongement des études, dans des filières qui contribuent à désorienter une masse croissante de jeunes fuyant les filières à vocation professionnelle (sous le fallacieux prétexte de bannir la sélection), et l’abaissement de l’âge de la retraite se cumulent pour rendre plus problématique la survie du système de répartition. On remarquera au passage que la réforme des universités et la réforme des retraites vont de pair, et qu’il est proprement suicidaire de s’opposer aux deux. Car nos orientations éducatives et sociales s’ajoutent aux tendances démographiques longues pour fragiliser encore plus le système de répartition auquel nous nous disons pourtant attachés, faisant des français les acteurs de leur propre faillite et nous interdisant de surcroit d’envisager les seules solutions de remplacement qui s’imposent. [1] Bichot J. [2008] Urgence retraites. Petit traité de réanimation. Le Seuil, Paris.

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  4. A l'attention de Messieurs Albert Lourde, Francois Féral et François-Paul Blanc, Chers Collègues, Je vous écris car je crois pouvoir dire que, pour avoir travaillé ensemble par le passé au service de notre université, vous m'avez bien connu. Monsieur Albert Lourde, j'ai donné des cours de finances islamiques à la FIDAF dont vous étiez le doyen. A cette occasion, vous m'avez emmené en Algérie. Lors de nos voyages en avion, j'ai pu savourer notre proximité d'analyses et de pensée. Vous m'avez même fait l'honneur de me présenter à votre épouse en m'amenant chez vous. Monsieur François-Paul Blanc, j'ai été en poste à la faculté de droit et sciences économiques au moment où vous en étiez le doyen. C'est même à vous que je dois d'avoir pu partir de Mende, où j'ai commencé ma carrière, mais où j'étais bien trop isolé. Et vous savez l'énergie et la passion que j'ai consacré pour reprendre l'IAE de Perpignan, bien moribond à ce moment. Monsieur François Féral, vous avez été un Président pour qui j'ai eu une estime immense. A ce titre, vous savez mon fort engagement à l'international qui m'a valu de développer de nombreux partenariats avec l'étranger en tant que responsable des relations internationales. Vous m'avez même accompagné lors de la mission inaugurale du Franco-Thaï projet, dont j'étais le maitre d'œuvre. Et vous savez aussi, plus que tout autre, que j'ai failli laissé ma vie en Thaïlande (Kho Pee Pee), alors que j'étais en mission le 26 décembre 2004... C'est pourquoi je m'interroge. Comment ai-je pu subir deux internements psychiatriques (36 mois) contre mon gré, demandés et signés par l'université, et une troisième tentative (avortée) à la demande de Me Pagnon en tant que directrice de l'IAE, sans que la communauté universitaire, si prompte à donner des leçons de droits de l'homme, ne réagisse publiquement, comme s'il y avait un doute à mon sujet ? Un patron pourrait-il donc interner un salarié par précaution dans ce pays ? Un président d'université peut ainsi condamner un collègue sans que cela ne fasse réagir personne, car il n'y a pire épreuve, pour un chercheur, de le faire passer pour un malade mental... J'ai donc saisi, seul, la justice en septembre 2014. En décembre 2016, l'hôpital de Thuir est condamné et le psychiatre (proche du président de l'université) est mis à pied alors que j'ai saisi l'ordre national des médecins. Pourtant, le président de l'université, qui a signé l'HDT, n'est pas condamné : j'ai donc fait appel. Pendant ce temps, j'ai dû affronter deux mises en examen pour diffamation à la demande du président de l'université et de la directrice de l'IAE (qui ont été débouté) ; j'ai été expulsé manu militari, à la demande du préfet, de mon appartement en juin dernier (étant sans domicile fixe depuis ce jour) ; ma doctorante russe Tatiana D., régulièrement inscrite en deuxième année de thèse sous ma direction et que j'avais recruté dans le cadre d'un programme Erasmus/Tempus, a été conduite en centre de rétention et expulsé du territoire avec la bénédiction du président de l'université ; j'ai subi en octobre dernier une garde à vue irrégulière de 5 heures (sans avocat) avec obligation de passer devant un expert psychiatre, suite à une plainte de l'université... Enfin, en novembre, le TGI de Perpignan a reconnu officiellement ma faillite personnelle, entraînée par le préjudice énorme sur ma carrière et ma vie professionnelle par mon séjour forcé à Thuir et les frais de justice. La presse ne semble pas s'émouvoir de cette situation. C'est pourquoi je pense qu'une prise de position publique de votre part, voire collective de la part des collègues qui me connaissent bien - et dont, pour une grande partie, j'étais dans la commission de spécialistes au moment de leur nomination quand je n'étais pas carrément leur ancien professeur - serait de nature à interpeller les médias et l'opinion publique, et donc à accélérer la procédure judicaire en cours.

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  5. Nous récoltons tous les jours les fruits empoisonnés d’un Etat qui ne joue plus son rôle et n’assume plus ses missions. Comme l’Etat est un agent crucial de la société, c’est toute la société – y compris ses institutions et son économie – qui souffre de la défaillance d’un secteur public qui s’arroge le monopole dans des domaines vitaux de notre économie. Et à vouloir s’ingérer dans la vie des entreprises, à vouloir décréter le « social » et réguler l’économique, l’Etat n’a plus les moyens d’assumer ses missions essentielles et irremplaçables de police, de justice et de sécurité. Au-delà du fait dommageable que la montée de l’insécurité accroît le risque et donc le coût des activités économiques, la mise en cause de l’autorité, la montée de l’incivilité et la volonté de ne pas éduquer aura des conséquences graves sur le niveau de formation des individus et leur capacité et motivation à travailler. Pourtant, alors que les procès de Moscou (1935-1936) éveillent certaines consciences, le prix Nobel d’économie Kenneth J. Arrow, pourtant très sensible à la question sociale et à l’égalité des chances, déclare : « L’économie socialiste ne garantit ni la démocratie ni la liberté individuelle. J’ai eu l’idée naïve qu’en l’absence de classe capitaliste, il n’y aurait aucun intérêt à l’exploitation d’une classe par une autre. Il était devenu évident que cette vision n’était pas vraisemblable. Le défaut le plus grave était la possibilité que le socialisme, en concentrant le contrôle de l’économie dans l’appareil d’Etat, facilitât l’autoritarisme ou même le rendît inévitable » . Un autre Prix Nobel, Milton Friedman, a dit un jour : « ce qui est extraordinaire avec la science économique, c'est que toutes ses lois tiennent réellement en une page, mais leur simplicité n'a jamais été acceptée par la plupart des gens ». Enfin, le professeur James Buchanan, lui-même lauréat du prix Nobel d’économie, ouvrait la réunion de la Société du Mont Pèlerin à Postdam en octobre 1999 par ces mots : « Toute personne un tant soit peu éduquée et intelligente sait que le cœur de la doctrine libérale réside dans la conviction que c’est d’abord en élargissant le domaine de décision individuel, au détriment des problématiques reposant sur des projets collectifs, que l’on peut le mieux faire progresser la société » . Certes, on n’aime guère recevoir de leçons en France, surtout pas de prix Nobel d’économie américains. On serait en droit de reprocher aux américains de tenir au secret les « recettes » de leur croissance économique ; mais telle n’est pas leur attitude. Les résultats de la science économique sont connus et sont de la connaissance commune. Mais, c’est parce que l’on s’obstine, en France, à être sourd à ces enseignements fondamentaux ; c’est parce que l’on s’acharne, dans ce pays bloqué, à vouloir traiter nombre de dossiers (retraite, éducation, santé, protection sociale, emploi…etc.) sous le seul angle collectif que nombre de ces dossiers sont aujourd’hui dans l’impasse. Et l’impasse aboutit à la faillite et au pourrissement. Aussi est-il urgent de rappeler quelques principes fondateurs de la science économique que les modèles sophistiqués ainsi que le jargon académique – et la langue de bois officielle – ont tendance à oublier, à force de traiter les problèmes sous le seul angle technique et spécialisé. Précepte 1. Intérêt personnel : Personne ne dépense l'argent des autres avec autant de soin que le sien propre ; il est donc facile d’être généreux avec l’argent des autres alors que l’on a tendance à être rationnel avec le sien. Précepte 2. Croissance économique : La clé de l'élévation du niveau de vie est de développer l'épargne, la formation de capital, l'éducation et la technologie. Précepte 3. Commerce : Lors de tout échange volontaire, quand ils disposent d'une information précise, l'acheteur et le vendeur sont tous les deux gagnants ; de ce fait, une augmentation du commerce entre individus, entre groupes ou entre pays est profitable aux deux parties. Précepte 4. Concurrence : Étant donné la réalité universelle des ressources limitées et des demandes illimitées, la concurrence est un fait universel qui ne peut être abolie par décret gouvernemental. Mais, la concurrence n’exclut pas la coopération. Précepte 5. Coopération : Puisque la plupart des individus ne sont pas autosuffisants, et que presque toutes les ressources naturelles doivent être transformées pour devenir utilisables, les individus - travailleurs, propriétaires, capitalistes et entrepreneurs - doivent travailler ensemble dans le but de produire des biens et services de valeur. Mais, la coopération n’exclut pas la concurrence. Précepte 6. Division du travail et avantage comparatif : Les différences de talents, d'intelligence, de savoir et de propriété conduisent à la spécialisation et à un avantage comparatif détenu par chaque individu, entreprise ou pays. Il est peu efficace de vouloir tout faire. Précepte 7. Dispersion du savoir : L'information sur le comportement du marché est si diverse, importante, changeante et omniprésente qu'elle ne peut être saisie ni calculée par une autorité centrale. Précepte 8. Perte et profit : Le profit et la perte sont des mécanismes du marché qui indiquent ce qui doit être ou ne pas être produit dans le long terme. Précepte 9. Coût d'opportunité : Étant donné les contraintes de temps et de ressources, il faut toujours faire des arbitrages. Faire quelque chose demande de renoncer à d'autres choses que l'on aurait aimé faire aussi. Le prix payé pour s'engager dans une activité est égal au coût des activités auxquelles on a renoncé. Précepte 10. Théorie des prix : Les prix sont déterminés par l'estimation subjective des acheteurs (demande) et des vendeurs (offre), et non par un quelconque coût de production objectif. Précepte 11. Incertitude : Il existe toujours une dose de risque et d'incertitude sur l'avenir, notamment lorsque les gens sont libres d’effectuer des choix, de tirer des leçons de leurs erreurs et de changer d'avis, ce qui rend délicate toute prédiction sur leurs comportements à venir et conduit toute tentative de planification à l’échec, du moins dans une société de liberté. Précepte 12. Économie du travail : L'augmentation des salaires sur le long terme ne peut être réalisée que par une plus grande productivité, c'est-à-dire par davantage d'investissements en capital pour chaque travailleur ; le chômage chronique est une conséquence de l'action du gouvernement qui fixe les taux de salaire au-dessus du niveau d'équilibre du marché. Précepte 13. Contrôles du gouvernement : Les contrôles des prix, des salaires ou des loyers peuvent bénéficier à certains individus ou groupes, mais pas à la société dans son ensemble ; en fin de compte, ces contrôles créent de la pénurie, du marché noir et une détérioration de la qualité et des services. Les repas gratuits, ça n'existe pas. Précepte 14. Monnaie : Des tentatives délibérées pour déprécier la monnaie nationale, ou baisser artificiellement les taux d'intérêt, ou encore pour s'engager dans des politiques d'argent facile conduisent inévitablement à l'inflation, à des cycles prospérité/récession et aux crises économiques. La monnaie est une expression de la richesse ; elle n’est pas la richesse. Précepte 15. Le rôle de l’Etat : Le gouvernement doit se cantonner à ce que les entreprises privées ne peuvent pas faire ; il ne doit pas s'engager dans des affaires que le secteur privé gère mieux que lui ni, a fortiori, empêcher les entreprises de faire ce qu’elles pourraient faire au moins aussi bien que lui (en décrétant un monopole public par exemple). La compréhension de ces préceptes ne suppose pas d’avoir un doctorat en sciences économiques. La science économique s’intéresse à la façon dont les gens s’organisent, agissent et évoluent dans la société et à la manière dont ils parviennent à leurs objectifs en mobilisant des ressources. Le consommateur ne prend pas telle ou telle décision parce qu’un expert a prouvé qu’il était optimal de le faire ; l’expert – compétent – aboutit à ce modèle qui lui permet de prédire ce résultat parce qu’il a observé des consommateurs agir en ce sens. Mais, nos dirigeants sont encore entourés d’experts qui considèrent que les ménages et les entreprises, qui sont localisées à l’intérieur du territoire français, doivent se comporter selon leurs modèles et leurs choix politiques. D’où leur prétention illusoire à réguler l’économie et formater la société. Que l’Etat restaure les conditions de la liberté, que l’Etat assure la protection des droits fondamentaux à la propriété (qui correspond à la liberté de disposer des fruits de son travail), à la liberté de circulation et à la liberté du travail, qu’il cesse toute ingérence économique et sociale, et l’on verra les mécanismes économiques s’épanouir selon les préceptes exposés ci-dessus.

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  6. Lorsque j’ai écris mon ouvrage sur l’innovation, je suis parti d’une observation simple : pourquoi, à partir de la seconde révolution industrielle jusqu’à la révolution numérique, les vagues technologiques sont-elles venues des Etats-Unis alors que c’est l’Europe qui avait la science ? [1]. Sans parler des Bill Gates, Steve Job ou autres Mark Zuckerberg qui ont marqué la révolution internet, Edison bouleverse, à la fin du XIX° siècle, le monde en déposant entre autres le brevet sur l’ampoule électrique et fonde la General Electric qui va devenir un empire mondial et faire de l’électricité la technologie générique de la seconde révolution industrielle. A la même époque, les frères Lumières inventent le cinéma en France mais les entrepreneurs américains, d’origine italienne, créent l’industrie cinématographique. Alors que le cinéma en est à ses balbutiements, un certain Walt Disney a l’idée de photographier des dessins dans son atelier pour mettre au point le premier long-métrage en dessins animés. On sait depuis ce qu’est devenu l’empire Disney. De son côté, un certain Rockefeller s’intéresse à un déchet fossile en exploitant le premier puits de pétrole. Il fonde alors la Standard Oil Company qui va devenir, à son tour, une firme mondiale et lancer l’industrie pétrolière qui va porter, avec l’électricité, la seconde révolution industrielle. Enfin, Ford va appliquer les principes du taylorisme à la construction automobile, transformant un objet de luxe pour aristocrates fortunés en un bien de consommation de masse, inaugurant l’ère du fordisme. Pourtant, l’Europe a hérité du savoir des penseurs et savants de l’antiquité grecque. Puis il y a eu la Renaissance qui nous a laissé des Leonard de Vinci, Pascal, Descartes, puis ensuite Newton ou Einstein et tant d’autres encore. Mais, à partir du XIX°, l’innovation technologique, qui a nourrit la croissance économique, est venue pour l’essentiel d’outre-Atlantique. On diabolise beaucoup « l’empire américain » - surtout quand il a à sa tête un républicain - en prenant le risque de s’enfermer dans une dénonciation stérile et aveugle mais on ne peut pas comprendre les sources de la puissance américaine sans prendre en compte son histoire si singulière. Le 4 juillet 1776, la Déclaration d’indépendance des États-Unis est proclamée et les treize colonies britanniques se déclarent États souverains en se dotant de constitutions écrites. La première république du monde moderne et née. La relation entre l’Europe et le nouveau monde est ambigüe et complexe. Evidemment, les anglais, ridiculisés par la guerre d’indépendance, ne croyaient pas à l’expérience américaine. Peuplés d’anciens bagnards ou par la « populace » qui fuyaient l’Angleterre des privilèges, les anglais considéraient que les Etats-Unis ne s’en sortiraient pas longtemps tout seuls. Bien-sûr, les français ont aidé les américains à prendre leur indépendance, notamment avec le marquis de La Fayette, un aristocrate français d’orientation libérale, officier et homme politique, véritable héros de la guerre d’indépendance des Etats-Unis. Mais c’était surtout pour affaiblir notre ennemi ancestral, la « Perfide Albion ». Car la couronne française ne croyait pas non plus à l’Amérique. Et pour cause, qui peuplait le nouveau continent ? Certainement pas des nobles : jamais ils n’iraient s’installer dans une république où ils perdraient tout leurs privilèges. Or, depuis des siècles, les nobles en Europe ne payaient pas d’impôts et ne travaillaient pas. Pourtant, ils avaient un train de vie largement supérieur à la moyenne dans un contexte de croissance économique quasiment nulle. Alors cette charge retombait essentiellement sur la classe productive – les paysans ou tiers-état – qui n’avait aucune chance de s’enrichir. Il n’était d’ailleurs pas très bien vu de prendre le risque de réussir et de devenir plus riche qu’un noble ou que le roi. Même un seigneur devait veiller à ne pas dépasser le roi. Les nobles ont toujours rejeté les « parvenus » dont la réussite sociale provenait du travail ou du commerce. Et cette haine de l’argent gagné par le travail et le commerce reste très présente dans l’esprit de nos gouvernants… Le travail, c’était la marque du peuple ou des esclaves. Ce sont donc des gens du peuple, ceux qui n’avaient rien à perdre, qui ont quitté la France et l’Europe pour tenter leur chance en Amérique. Mais, bien avant la découverte du nouveau monde, les plus entreprenants quittaient les campagnes pour fonder les bourgs, qui étaient de véritables « zones franches » qui échappaient à l’impôt féodal. On les appelait les « bourgeois » et ont donné naissance aux grandes villes qui sont devenues les poumons économiques de l’Europe. La découverte de l’Amérique, ce n’est pas seulement la découverte d’un nouveau continent et de nouvelles ressources naturelles. C’est aussi et surtout une expérience institutionnelle et politique nouvelle qui va donner sa chance à tous les entrepreneurs du monde entier. Thomas Jefferson lui-même, parce qu’il est aussi un inventeur, rédige en personne un article de la déclaration d’indépendance américaine consacrant la propriété intellectuelle, qui va grandement inspirer les révolutionnaires français. La constitution américaine proclame aussi l’abolition des privilèges et la séparation des pouvoirs. Un comble dans une Europe monarchique basée sur le pouvoir absolu du souverain. Pourtant, les premiers américains sont des émigrés venus d’Europe dans un premier temps et ils s’inspirent des idées en vogue dans le siècle des Lumières européens, notamment de Montesquieu qui, à travers l’Esprit des lois, a théorisé la séparation des pouvoirs. Ils vont donc mettre en application ces idées nouvelles sur le vieux continent. Ainsi, dans le domaine politique comme dans le domaine de la science, pendant que les européens théorisaient, les américains mettaient en application… Alors, en effet, les premiers émigrants qui peuplèrent l’Amérique n’étaient pas des nobles, mais des paysans, des anciens bagnards, des criminels en fuite, des déracinés mais aussi des aventuriers, des preneurs de risque et des entrepreneurs au sens le plus schumpétérien du terme. Ils n’étaient pas nobles et n’avaient donc pas leur culture et leur raffinement. Mais ils avaient un capital précieux : leur liberté, leur force de travail et leur inventivité. Mais on ne peut exercer son inventivité que si l'on est véritablement libre. Pour la première fois, les fruits de leur travail allaient leur appartenir dans un nouveau pays où la liberté individuelle et le droit de propriété étaient fermement défendus par la constitution, et notamment par ses premiers amendements. L’histoire du Massachusetts est, à ce propos, éclairante. A l’époque où c’était encore une colonie britannique, les anglais y ont envoyé leurs forçats et autres exclus de la société pour travailler des terres insalubres infestés par la malaria. Avec l’indépendance, ces gens se retrouvent propriétaires de ces terrains qui, a priori, n’ont pas grande valeur. En quelques générations, ils vont en faire le grenier de l’Amérique [2]. Il n’y a de richesses que d’hommes disait Jean Bodin. Encore faut-il se doter des institutions qui valorisent l’homme – et notamment ceux qui travaillent - et son capital humain. On ne peut pas comprendre pourquoi les Etats-Unis sont devenus la première puissance économique du monde si on n’a pas en tête cette histoire qui a mis à jour un certain nombre d’enseignements précieux pour tous ceux qui sont soucieux de comprendre d’où viennent la richesse et la croissance économique. [1] Caccomo J.L., « L'épopée de l’innovation. Innovation technologique et évolution économique », L’Harmattan, Paris 2005. [2] Ces enseignements étaient déjà sous forme de fables, notamment pour ne pas froisser les élites du moment, chez Jean de la Fontaine, en particulier la très instructive fable du « Laboureur et ses enfants » qui donne déjà un éclairage sans appel sur les sources de la richesse.

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  7. La pensée en kit est un assemblage de poncifs qui forment le prêt-à-penser de ceux qui veulent briller en société ou faire un coup de gueule sur les plateaux de télévision. Ainsi, la pensée en kit permet à chacun d’exprimer une opinion en phase avec le politiquement correct tout en se croyant original et impertinent. Mais, au fond, il est toujours socialement coûteux de penser à contre-courant de la majorité - de l'opinion publique - et souvent périlleux d’assumer sa vraie différence, en l'occurrence sa personnalité. Depuis que notre pays est piégé dans une dépression, dont on se demande s'il en sortira un jour, chacun vient faire de ses malheurs privés une affaire publique, donnant à la pensée en kit l’occasion de se défouler allègrement. L’opinion répandue veut par exemple que les acteurs économiques (entreprises, banques, finance...) ne sont que de vulgaires profiteurs qu’il faut donc surveiller et étroitement encadrer, ce qui suppose du même coup que les acteurs publics, qui organisent cette surveillance (cette régulation ?) et mettent en œuvre la réglementation, sont foncièrement éclairés, efficaces et bienveillants. C’est l’opinion de la caissière de supermarché, du café du commerce comme du grand mandarin d’université. Je discutais encore récemment avec un professeur de sciences à l’université pour qui les industriels ne pensaient « qu’à faire du fric », n’étant motivés que par l’appât du gain. On entendra couramment la même chose à propos du banquier, du spéculateur ou de la grande distribution dont pourtant nous dépendons tous. Allez donc vivre dans les pays où ces acteurs n'existent pas... Que les acteurs économiques soient motivés par l’appât du gain n’est pas faux puisque c’est ce qui fait fonctionner tout le monde. Je serai plutôt inquiet d’apprendre qu’ils cherchent à maximiser les pertes. Ce qui est stupéfiant, c’est que l’on s’en étonne et que ceux qui s’en étonnent fassent comme s’ils agissaient autrement eux-mêmes... En effet, les gens n’agissent que sous l’effet de deux aiguillons : la contrainte et l’intérêt. Personne ne se donnera un objectif qui va contre son intérêt et personne n’atteindra son objectif sans aucune contrainte dans la mesure où, en collectivité, les intérêts des uns font les contraintes des autres. Autrement dit, intérêt et contrainte ne sont que les deux dimensions d’un même phénomène de la même manière que revenu et coût ne sont que les deux faces d’un même flux. La science économique s’intéresse précisément à l’optimisation sous contrainte qui constitue le comportement le plus rationnel de celui qui veut survivre (et apprendre) sinon se développer, et qui poussent les agents à se lancer dans des opérations économiques. Il est regrettable que la plupart des gens, et pas les moins cultivés, aient une vision aussi sommaire – et digne de la théorie du complot très en vogue de nos jours - des acteurs essentiels de notre économie moderne alors qu’ils leur doivent l’essentiel de leur confort général et de leur niveau de vie quotidien.

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  8. Est-il possible de discuter avec des gens qui se donnent la possibilité du sortir du cadre légal ? Rappelons quelques notions élémentaires, dignes des cours d’instruction civique dispensés autrefois dans les écoles de la République. A force de ne pas respecter les règles de la démocratie, on finit par perdre la démocratie elle-même, et finalement avec elle notre bien le plus précieux, la liberté et la dignité. Commençons par une petite leçon d’instruction civique aux français. En démocratie, il appartient au peuple de désigner ses dirigeants, non de les supprimer ni de les empêcher de gouverner. Dans ce but, des partis désignent les candidats qui ont les meilleures chances de gagner, puis ces candidats présentent leur programme durant les campagnes électorales. Enfin, le peuple décide dans l’intimité des urnes, puis le nouveau gouvernement en place se met au travail. Il appartient aux assemblées légitimes (assemblée nationale, sénat) de faire fonctionner le jeu démocratique institutionnel. Tel est le principe de fonctionnement normal et légitime d’une démocratie représentative. Dans ce contexte légal, les syndicats n’ont en aucun cas le droit de prendre en otage le bien public ou l’espace public pour empêcher un gouvernement de travailler. Finalement, le dialogue social est une négation même du dialogue démocratique. Terminons par une leçon d’instruction civique et de citoyenneté à l’attention des étudiants. Les universités françaises sont gouvernées par les trois conseils légitimes que sont le conseil d’administration, le conseil des études et de la vie universitaire (CEVU) et le conseil scientifique dans lesquels sont représentés tous les acteurs de l’université. Ces conseils sont présidés par l’équipe dirigeante elle-même composée d’un président et de ses vice-présidents. Seules ces instances sont habilitées à prendre des décisions affectant le fonctionnement de l’université de sorte que les AG spontanément organisées par des étudiants en colère, quel que soit le motif de leur colère, ne sont ni légales ni légitimes. Si nous ne sommes plus capables de respecter ces règles minimales de vie en collectivité, inscrites et proclamées dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, alors nous allons vivre dans une véritable jungle dans laquelle vont sans cesse s’affronter les intérêts corporatistes, sur fond de dislocation de la cohésion sociale. Dans les années 80, la gauche a laissé pourrir la situation en ne traitant pas les problèmes. La droite a hérité de cette situation sans pour autant corriger la trajectoire, d’où le thème de la rupture qui a permis à Sarkozy de devenir le nouveau président dans une logique attendue et espérée de changement. Aussitôt mis en selle, le nouveau pouvoir se heurte aux blocages traditionnels tandis que la gauche met de l’huile sur le feu pour récupérer le mécontentent, accusant le gouvernement Sarkozy de rechercher l’affrontement. Cette stratégie fut électoralement payante pour la gauche à l’occasion des municipales. Cependant, elle prend aussi une responsabilité immense dans le pourrissement de la situation générale du pays. L’histoire jugera, mais elle nous enseigne déjà que les pays qui ne savent pas réformer à temps, courent à l’implosion avant de disparaître de la scène des pays souverains.

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  9. Je m’appelle Jean-Louis et j’ai 51 ans. J’ai longtemps attendu pour écrire ces lignes mais je voudrais que mes fils, qui entrent maintenant dans la vie, soient fiers de leur nom, moi qui ai si longtemps eu honte de le porter, sans doute à cause du regard sévère de mon père disparu que je croyais toujours décevoir. L’histoire que je vais vous raconter maintenant est l’histoire de ma vie, tout y est vrai même l’impensable car personne ne veut jamais me croire, même les plus intimes, au point que, au moment où j’écris ces lignes, je suis dans un hôpital psychiatrique et je me bats désormais en justice contre ceux qui ont comploté pour m’y enfermer deux fois 18 mois, 36 mois d’isolement pendant lesquels j’ai été sciemment privé de ma vie. Finalement, je peux affirmer que j’ai réalisé mes pires cauchemars, toutes mes frayeurs d’enfants angoissés par le devenir. Je suis peut-être en mesure de réaliser mes plus beaux rêves mais l’on m’en veut aussi pour cela. Quand on revient trois fois de l’enfer, plus rien ne peut plus vous atteindre. Quand on a été porté pour mort, on revient à la vie grandi et on comprend que tout est possible. Si la fortune ne donne pas tous les droits, l'infortune vous offre un crédit illimité au bonheur. Je sais dans ma chair que le pire peut se produire à chaque instant, alors il faut aussi provoquer les conditions du meilleur. On a coutume de dire que l’on a qu’une seule vie. Non, en fait, on vit plusieurs fois. Je m’en vais vous le démontrer en espérant vous convaincre que je ne suis pas fou, pas au sens médical en tout cas, mais juste fou de la vie, et pas dans la norme, çà c’est une certitude. J’ai grandi avec l’envie urgente de quitter le domicile familiale, la peur et la haine au ventre. Ma grand-mère maternelle, que je n’ai pas connue, a craché sur moi à ma naissance parce que ma mère n’était pas sicilienne comme mon père. Bienvenu dans la vie… A l’issue de mon collège, le conseil d’orientation a convoqué mes parents pour les informer qu’il s’opposait à mon passage au lycée, en mentionnant que « je n’étais pas fait pour les études ». Je prenais la première claque de ma vie, découvrant que tous les adultes étaient contre moi. Je suis issu d’un milieu modeste. Ma mère est orpheline et mon père, immigré sicilien, arrive en France en 1962 et je viens au monde en 1963. Pourtant, je ferai mon doctorat de sciences économiques (option finances internationales) à Aix-en-Provence grâce à l’encouragement et à la valorisation de mon professeur d’économie du lycée de Digne qui me révéla à l’économie. Entre-temps, j’ai donné 20 ans de ma vie à une femme qui ne m’a jamais aimé, mais dont j’étais fou amoureux et qui me donna trois merveilleux fils. Mais, comme j’étais seul à l’aimer, à aimer pour deux, je me suis toujours senti seul avec elle et être seul avec l’être aimé est le pire des solitudes. Je suis devenu maître de conférences à l’université de Perpignan, ce qui m’a permis d’écrire des livres, des articles et de beaucoup voyager dans le cadre de la coopération académique internationale. Car j’avais la soif de découvrir le monde, ayant peu de moyens pour financer mes études car j’avais quitté mon domicile à 18 ans et seuls des petits boulots et la musique me permettaient de vivre. Car je suis musicien depuis mon enfance, c’est ma passion et un don que je tiens de mon père. Dans le cadre de mes missions universitaires, j’ai découvert la Thaïlande et, en 2004, l’impensable s’est produit. Un tsunami emporta 230 000 âmes en quelques jours et j’étais en plein dedans, le lendemain de Noël et de ma sortie en plongée, sur l’île de Kho Pee Pee avec mon fils aîné Robin de 10 ans. Après ce jour, plus rien n’a été comme avant. Moi qui avait connu une ascension continue qui m’avait porté au sommet, j’allais entamer la chute, comme si la vague mortelle et sournoise, à laquelle j’avais échappé en Asie, ne me voulait pas me lâcher. Je devais mourir, je n’aurais même pas dû naître comme l’avait signalé, à sa manière, ma grand-mère sicilienne. En effet, j’ai enterré mon père quelques semaines après le tsunami (il est parti en croyant que j'étais mort là-bas), puis, quatre ans plus tard, je me séparais de la mère de mes enfants. Puis, je suis tombé dans les griffes d’une manipulatrice perverse, dont j’étais tombé amoureux tellement elle avait l’air d’un ange innocent, mais qui m’a entraîné dans sa folie destructrice. Epuisé par ces violences répétées, je suis tombé dans le coma et j’ai été transféré aux urgences psychiatriques, puis je me suis réveillé dans une chambre en isolement où je suis resté quelques jours. Puis, un jour, on m’a autorisé à manger au réfectoire et j’ai découvert que j’étais dans un hôpital psychiatrique, hospitalisé pour dépression sévère. J’en sortirai 18 mois plus tard pour reprendre mes activités professionnelles en septembre 2012. Mais le sort décidait de s’acharner sur moi. La vague était toujours derrière. En effet, sur mon campus, un étudiant chinois, armé d’un couteau, assassina une secrétaire en plein cœur. Il ne fut pas jugé mais déclaré irresponsable pour cause de schizophrénie, et interné en hôpital psychiatrique. Invoquant le « principe de précaution », les infirmiers sont venus me chercher pour me ré-interner une seconde fois, à la demande du président de mon université. Je n’en sortirais que 18 mois plus tard, échappant de justesse à 12 séances d’électrochocs et à l’invalidité permanente. Quand je suis sorti, en juin 2014, j’ai demandé à voir mon dossier médical que j’ai soumis à mes avocats car je sentais que quelque chose ne tournait pas rond dans ces procédures d’internement. Attrape-t-on une maladie psychiatrique à 49 ans ? En 2016, l’université a récidivé, déclenchant une troisième tentative de ré-internement sans aucun motif, ce qui confirma mes pires craintes et fonda mes soupçons. C’est pourquoi je suis en justice aujourd’hui pour faire la vérité, obtenir réparations de tous les préjudices et réclamer justice. Ce n’est plus moi qui cherche à échapper à la vague aujourd’hui, je vais maintenant la déclencher. Mes fils, vous pouvez être fier de votre nom, votre père n’est pas fou, il a seulement une vie extraordinaire et je n’ai pas en avoir honte mais si cela attise la jalousie des médiocres et des envieux, une vie extraordinaire que vous allez enfin découvrir dans ces pages.

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  10. Depuis que j’ai saisi la justice en septembre 2014, et malgré une première victoire qui a vu la condamnation de l’hôpital psychiatrique de Thuir (mais la relaxe du président de l’université qui est à l’origine de mon internement reconnu illégal), je n’ai pas passé un jour sans écrire à la presse. J’ai même été reçu, à Paris, dans les locaux du vice-directeur de la rédaction de France-Télévision, Monsieur Clément Weill-Raynal, a qui j’ai transmis un dossier complet, dossier que j’ai par la suite adressé à l’AFP, au Figaro, au Canard Enchaîné et surtout à la directeur du Parisien, car c’est bien à partir de mon interview dans le Parisien, que ma descente aux enfers a commencé. Je sais donc que les journalistes savent, mais rien ne transparait dans les médias, malgré le sacro-saint « devoir d’information » des médias brandi à chaque occasion dans les diners mondains où sont invités les journalistes. Et en ce cas, silence vaut complicité car si j’avais pu bénéficier ne serait-ce que d’un droit légitime de réponse et d’une couverture médiatique de mon affaire, le reste ne se saurait pas produit. En effet, l’année 2017, qui touche à fin, fut un véritable calvaire. J’ai été mis en examen deux fois pour diffamation, tout simplement parce que, pour contourner le silence des médias, j’ai raconté mon histoire, ce que j’ai réellement vécu, sur les réseaux sociaux. Mais, quand les victimes racontent ce qu’elles ont subi, les coupables y voient de la diffamation, et la machine judiciaire se met en route. Cela s’est déjà traduit par deux audiences durant l’été, et deux renvois, pour vice de constitutionnalité, et l’affaire s’enlise depuis un an. Puis, le 29 juin dernier, je suis expulsé manu militari, surveillé par un huissier zélé, à la demande du préfet, de mon appartement alors même que je suis protégé par la loi sur le surendettement et que j’ai retrouvé ma solvabilité. Je suis donc, littéralement parlant, sans domicile fixe depuis ce jour. Enfin, c’est sans doute la journée du 13 octobre dernier qui fut pour moi la plus traumatisante car je me rends compte aujourd’hui que j’ai bel et bien échappé à une tentative d’hospitalisation d’office fromentée par le président de l’université, alors que se profilait deux ou trois jours plus tard une audience décisive. En effet, ce vendredi 13 octobre, je reçois un SMS d’un dénommé commandant L., du commissariat central de Perpignan, m’invitant à me présenter au plus vite dans son bureau « au sujet d’une affaire en cours ». Pensant qu’ils avaient enfin pris au sérieux mes plaintes enregistrées en octobre 2014, mais jamais traitées depuis, je m’y rendis sans inquiétude… Arrivé à l’accueil, on me conduit au dernier étage pour me signifier ma garde à vue, suite à une plainte déposée par le président de l’université le 3 octobre : - Vous n’avez droit qu’à un seul coup de fil Mr Caccomo… Je n’ai eu droit à aucun avocat. Le sol se dérobait sous mes pieds car c’est exactement comme cela que la psychiatrie m’avait rattrapé. C’était le coup de fil de ma vie et heureusement que je pouvais, cette fois, compter sur quelqu’un de précieux à l'extérieur. J’appelai Manuella Kant… qui fit le nécessaire. Malgré l’amabilité apparente des officiers de police présents, j’étais paniqué et terrorisé, mais je me gardais bien de le montrer. Moi qui pensais partir pour Montpellier ou Marseille, rendre visité à ma mère ou des amis, je me retrouvais entouré de deux policiers armés, qui me conduisirent au sous-sol. Là, on me dépouilla de mes papiers et de mon téléphone et je fus enfermé dans une cellule pendant cinq longues heures interminables. A l’origine, on m’avait prévenu que je devais subir une expertise psychiatrique à 11h, mais le psychiatre ne se présenta qu’à 14h, soit donc 5 heures interminables d’emprisonnement dans une cellule crasseuse qui infestait l’urine… Quand je demandais au gardien ce que je faisais là, il lançait, sans même me regarder : - C’est qui ce guignol ?? Puis le psychiatre arriva enfin. Il était vital pour moi que je garde tout mon calme mais je pensais bien que cette mise en scène macabre était destinée à me faire sortir de mes gonds, pour me juger « violent », et déclencher ainsi un internement d’office. Et s’ils parvenaient à leurs fins, cet internement serait pour moi fatal… Je jouais donc ma liberté, et même sans doute, ma vie. Et les premiers mots du psychiatre confirmèrent mes pires soupçons : - Bonjour, je suis là pour évaluer si vous êtes fou… Pourtant, quand il me demanda mon métier et que je lui répondais que j’étais maitre de conférences depuis prés de 25 ans, il me répondit qu’il ne savait pas ce qu’était un maître de conférences. Le faisait-il exprès pour m’énerver ou était-il réellement aussi ignorant ? Dans les deux cas, j’étais intérieurement effrayé car mon sort dépendait de son jugement d’expert... Après 90 minutes d’entretien, je fus relâché… avec les excuses de la hiérarchie policière. Le mardi 24 octobre, j’étais bel et bien présent à mon audience au TGI de Perpignan.

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