1. Il ne se passe pas un jour sans qu'une corporation en colère bloque la rue et qu'un ministre annonce qu'il soumettra toujours son projet de loi aux partenaires sociaux. Naïvement, je croyais que, dans une république digne de ce nom, les lois étaient soumises aux représentants du peuple (nos députés) non aux syndicalistes, ce qui est la marque des "démocraties" populaires des anciens pays de l'Est. L’économie traverse sans nul doute la crise la plus grave qu’elle ait connu depuis bien longtemps. Pendant ce temps, la gauche persiste dans son délire moralisateur et interventionniste tandis que la droite change pour la n-ième fois de nom sans revoir une once de son programme. On hérite encore de la gauche la plus archaïque d'Europe et de la droite la plus stupide du monde. Inutile de s'interroger donc sur les causes de la montée irrépressible du Front National. Pour ma part, j’ai dû mal à adhérer à cette notion de « crise du capitalisme » car il ne saurait y avoir d’économie en dehors du capitalisme. Si le capitalisme devait disparaître, il emporterait avec lui l’économie elle-même et sans économie, pas de civilisation humaine. Il y a bien une crise économique mais elle vient pour l’essentiel d’une crise morale plus profonde qui nous a fait perdre le sens des réalités. Pour reprendre les analyses de Schumpeter qui a proposé une théorie de l’évolution économique, nous vivons une phase de mutation, de « destruction créatrice », dans laquelle les nouvelles formes de développement économique sont en train de prendre forme. L’économiste Kondratieff a été envoyé dans les camps de travail soviétiques pour avoir proposé la première théorie des cycles longs, défiant du même coup l’idéologie officielle selon laquelle le capitalisme était condamné à sombrer dans une crise finale [1]. Pour Kondratieff, tel le phénix qui renaît de ses cendres, le capitalisme se nourrit des crises. Plus exactement, l’économie est fondamentalement animée par un processus dynamique qui la conduit à des mutations qui nourrissent son développement incessant. Dans cette optique, l’analyse seulement quantitative en termes de croissance et de crise est trop réductrice. Depuis, on nous parle de crise depuis que je suis adolescent or, par définition, une crise ne saurait durer plus de trente ans. Mais pourquoi la gauche n’est-elle donc pas capable de profiter de ces périodes de crise qui engendrent une réelle détresse sociale ? Permettez-moi d’apporter ici deux tentatives d’explications. Premièrement, la gauche semble plutôt profiter des périodes de croissance. En effet, sauf à persister dans une démarche révolutionnaire suicidaire, la gauche qui ambitionne de gouverner s’appuie sur un programme qui peut se résumer sur un unique principe directeur : la redistribution des richesses. Mais pour redistribuer des richesses, encore faut-il en produire. En période de crise, c’est la capacité à produire des richesses qui est remise en question, la redistribution risquant d’accroître les problèmes économiques plutôt que de les résoudre. Les gens qui vivent dans le monde réel en sont plus ou moins conscients, et c’est pourquoi ils se détournent à la fois des partis de gauche et des syndicats, comme l’a révélé le fort taux d’abstention aux dernières élections prud’homales. Deuxièmement, il y a sans doute une raison plus profonde. La gauche part du principe qu’il faut « changer le monde », qu’il faut proposer « autre chose » en trouvant une alternative à l’économie de marché. En son temps, Mitterrand a réalisé le tour de force de souder le PS, puis ensuite le PS et PC, en proposant carrément de « changer la vie ». La réalité économique est cependant un fait incontournable, voulu par personne mais sans cesse actualisé par chacun de nous, car l’économie émerge des interactions complexes issues de nos choix individuels. Aucun plan préalable n’a été nécessaire pour que fonctionne l’économie. A l’inverse, tous les plans qui prétendent enfermer l’économie dans des formats artificiels et rigides ont brisé l’économie, les crises résultant souvent d’erreur de réglementations ou de politiques économiques erronées ou dépassées. Mais changer le monde pour proposer quoi, dans quelle direction, selon quel principe miracle ? Et là, il y a quasiment autant de réponses qu’il y aura de militants. Mais ont-ils de vraies réponses ? Ces militants animeront des courants innombrables dans une multiplicité de partis concurrents. Les Verts, le PS, le PCF, le NPA, tous ces partis tiennent finalement le même discours fondé sur le rejet de la réalité économique : il faut changer l’économie. La seule chose qui les unit, c’est d’être contre ce qui existe ! Tous les leaders de la gauche nous proposent donc de donner au monde un visage humain, mais ils se gardent bien de nous dire qu’ils verraient bien leur propre visage en guise de modèle. Comment changer l’économie qui fait tourner le monde dans lequel nous vivons ? Personne n’a la même réponse de sorte qu’il est structurellement impossible aux hommes et femmes politiques de gauche de travailler ensemble. C’est la raison pour laquelle les pays qui ont voulu sortir de l’économie de marché ont dû le faire de manière autoritaire, en se donnant des régimes dictatoriaux. Tous les pays qui rejettent l’économie de marché sont des dictatures. C’est aussi pourquoi les partis de gauche ont dû mal avec l’idée de concurrence voire avec le principe même des élections, des primaires, de multiplicité de candidats ; et les épisodes tragicomiques d’élections truquées au PS sont révélateurs d’une pratique inhérente aux partis qui restent imbibés par cet esprit révolutionnaire : au sein de mon parti, j’ai perdu aux élections alors je remets en cause le principe même des élections ; dans le cadre des élections nationales, mon parti perd les élections alors j’organise d’incessants « troisième tour sociaux » pour bloquer le pays et empêcher un gouvernement légitimement élu d’appliquer son programme. Tant que la gauche sera inspirée par ces pratiques contestataires, elle loupera l’occasion de se reconstruire. Faut-il néanmoins se réjouir de cette situation ? Non car malgré ce désastre, la droite aux affaires ne parvient jamais à gouverner, se trouvant dans la nécessité de reporter la moindre de ses réformes devant la fronde de la rue [2]. Quand le pouvoir est dans la rue, c’est que la démocratie a déserté la cité. C’est à croire que les français préfèrent la révolution à la réforme puisqu’en bloquant systématiquement toute possibilité d’évolution en douceur de ses institutions – notamment l’intouchable éducation nationale – ils installent les conditions de la faillite. Notre pays, qui ne manque pas une occasion de donner des leçons de démocratie au monde entier, n’est jamais parvenu à vivre complètement ce pacte démocratique. De fait, le gouvernement ne peut pas gouverner en appliquant le programme sur lequel il s’est fait élire tandis que l’opposition n’est pas en état d’offrir une alternative crédible. [1] Nikolai Kondratieff (1892-1938) est mort fusillé au goulag où il a été déporté à la fin d’un procès initié par Staline dans le cadre de l’épuration idéologique. [2] A nouveau, le ministre de l’éducation reporte sa réforme devant les blocages par crainte de l’amplification des mouvements lycéens. Mais les lycéens n’ont pas l’intention de s’arrêter. Depuis quelques années, et justement parce que les différents ministres ont toujours reculé devant la pression de la rue, les mouvements de lycéens sont devenus un rituel programmé de plus en plus violent, instrumentalisé par des syndicats qui ont l’art de manipuler la désinformation à outrance et relayé par des médias bien complaisants. Pendant que notre système éducatif produit des graines de contestataires dont les probabilités d’insertion professionnelle sont grandement compromises, notre économie se trouve dans l’obligation « d’importer » les cerveaux qui lui font défaut.

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  2. Votre texte me touche plus encore par la surprenante parenté qui existe entre vos convictions vos pensées vos démonstrations et les miennes. J'aurais pu écrire ce que vous avez publié probablement avec moins de clarté et de talent. René Maury Économiste Harvard Business School, le 6 septembre 1999 Cher Ami, Il existe une analogie quasi hallucinante en ce qui me concerne entre votre manière de penser et à la mienne qui sont rigoureusement identiques. Comme vous, je suis issu d'une famille modeste et nos parcours se ressemblent. Si vous le voulez, vous pourriez quitter la France et je pourrais vous recommander à la Harvard Business School. Vous n'avez rien à espérer de ce pays. Avec toutes mes amitiés. René Maury - International Consultant - Professeurs aux Universités de Montpellier, Tokyo et Limerick - le 26 mars 2004 Cher Ami, Permettez-moi de vous remercier bien vivement d'avoir consacré une partie de votre temps à notre forum. Votre intervention a été unanimement appréciée par les participants qui ont pu ainsi mieux appréhender les difficultés que rencontre notre pays et réfléchir aux solutions qu'il conviendrait de mettre en œuvre pour s’adapter aux réalités d’aujourd'hui. Les nombreuses questions posées ont démontré l’intérêt suscité par votre intervention et je vous remercie encore de vous être prêté à ce dialogue. En toute amitié Charles Millon - Ancien Ministre de la défense - Paris le 22 septembre 2003 Monsieur, C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai pris connaissance de vos chroniques auxquelles votre expérience d’économiste confère un poids tout particulier. Le soutien que vous voulez bien m’apporter s'avère précieux. Luc Ferry - Ministre de l'Education - Paris le 7 avril 2005 Cher Monsieur, Sachez que je partage entièrement votre point de vue à l’égard de la politique française. D’autre part, je ne peux que vous approuvez quant à la notion d’anti-modèle que représente le modèle français. Vous employez le mot "dictature" et c'est bien dans une "dictature de la pensée unique" que nous nous trouvons. Pierre Lellouche - Député de Paris - Paris le 20 avril 2000 Cher Monsieur, J’avais pris connaissance, l’an dernier, de votre article sur le chômage paru dans la revue France Forum. Je publie, en février prochain, un ouvrage intitulé La Grande Parade, où je reprends des thèmes qui sont également au centre de vos réflexions. Jean-François Revel - Membre de l’Académie Française - Paris le 22 décembre 1999. Monsieur, Naturellement, nous continuerons à citer, comme par le passé, vos excellents points de vue. François d’Orcival - Président du comité éditorial de Valeurs Actuelles - Paris le 8 décembre 2004 Cher Monsieur, A l’évidence, je partage vos différentes analyses et vos réflexions tant il est vrai qu'à force d’acharnement idéologique on peut ruiner des pays potentiellement riches. Serge Dassault - Paris le 3 octobre 2001 Cher Monsieur C’est une nouvelle fois, avec beaucoup de plaisir, que je prends connaissance de vos articles toujours passionnants et je tiens à vous en remercier vivement. Luc Ferry - Président du Conseil d'Analyse de la Société - Ancien ministre de l'Education - Paris le 12 juin 2007

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  3. Manuel Walls, sur des accents de vierge effarouchée, s'indigne sur le fait que le front national est en passe de devenir le premier parti de France alors que le parti socialiste, depuis François Mitterrand, a tout fait pour introduire le FN dans le jeu politique français afin d'empêcher la droite de venir au pouvoir et que la droite est tombée systématiquement dans ce piège diabolique. Pourtant, ceux qui me lisent savent bien que je ne suis pas tendre avec les thèses anti-libérales du parti de Marine Le Pen, mais cette dénonciation et diabolisation sentent trop les parfums de l'hypocrisie pour ne pas être dénoncées. Car la gauche française a fait le lit du FN pour s'assurer le pouvoir, en empêchant toute alliance entre la droite et le FN alors que la gauche ne s'interdit jamais des alliances de circonstances avec l'extrême-gauche. Et la droite la plus stupide du monde est tombé dans ce piège fatal. Parvenue au pouvoir, la gauche n'a jamais entrepris les réformes qui s'imposent à notre pays. Si elle l'avait fait, j'aurai applaudi des deux mains même si je ne partage pas les thèses du parti socialiste. Les réformes n'ayant été faites ni par la droite, ni par la gauche, il était naturel que les électeurs finissent par se retourner vers le FN, parti vierge de tout exercice du pouvoir, même si le FN ne fera jamais les réformes attendues considérant son programme économique dépassé et arriéré. C'est pourquoi ces incantations grotesques sont pour le moins choquantes : Manuel Walls a "peur que le pays se fracasse sur le FN" mais je pose une simple question : qui a conduit le navire France, depuis plus de trois décennies ? Qui a maintenu la barre vers l'iceberg pourtant longtemps annoncé sans jamais changer de directionn alors que l'issue était fatale ? Quand je parlais de l'impasse française, je ne pensais pas (mais je le redoutais) si bien dire : nous avons eu le "choix" entre une droite qui a défailli, une gauche qui a menti et il reste un parti qui va nous trahir. Sur fond de crise économique structurelle, faute d'avoir pris les mesures structurelles qui s'imposent, nous assisterons maintenant à la faillite des institutions démocratiques.

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  4. Mon nom est jeté en pâture par mes opposants tout cela parce que je tente de défendre mes droits de victime et que je réclame justice et réparations. Mes amis me conseillent de faire attention à ma campagne de médiatisation qui pourrait se retourner contre moi. En effet, mes adversaires, qui m'invitent à ne pas faire de vagues dans mon intérêt, notent qu'elle reste relayée par des sites "tendancieux". Evidemment, quand on ne pense pas comme son adversaire, on est forcément suspect. Mais, il n'y a que pour les coupables que la vérité est diffamatoire. Cependant, avant d'être interné contre mon gré et sans aucun jugement, par surprise, il n'y avait aucune médiatisation et j'ai pu être enlevé dans le silence assourdissant. Mon histoire dépasse les clivages politiques. Au pays des droits de l'homme et de Charlie, j'ai vécu l'impensable dans l'indifférence de tous, isolé, privé de liberté et humilié dans mon être et dans ma chair. Il se trouve que j'ai contacté tous les partis et médias, toujours prompts à s'émouvoir des atteintes à la liberté dans les pays peu scrupuleux en matière de droits de l'homme mais mon cas de les intéresse pas. Si le journal l'Humanité, Le Monde ou le Figaro (pour lequel j'ai écris) publient mon témoignage, j'en serai comblé. Le syndicat de gauche de l'enseignement supérieur a même répondu qu'il ne voyait pas pourquoi il fallait défendre un "facho", entendu pour eux que le libéralisme s'apparente à l'extrême-droite. Etrange conception de la défense des libertés qui n'est valable que pour ceux qui pensent comme vous sans parler de leur culture politique pour le moins arriérée qui en dit long sur l'état délabrée de la pensée universitaire française. En son temps, Voltaire avait dit : "je ne suis pas d'accord avec ce qui vous dites mais je me battrais jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire". Hélas, les Lumières de nos philosophes Pères fondateurs de l'Etat de droit sont bien pâles aujourd'hui. Vous pouvez m'aider en signant et diffusion la pétition internationale contre l'internement psychiatrique arbitraire : https://secure.avaaz.org/fr/petition/Lopinion_publique_et_les_medias_Alerter_sur_les_risques_de_linternement_arbitraire_psychiatrique/?preview=live

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  5. In recognition of meritorious achievements now made know to all people in all countries of the world the international biographical centre of Cambridge. England hereby awards this exclusive testament to Jean-Louis Caccomo who has made an outstanding contribution as an Economist. Signed by the Director General of the IBC - Cambridge - England 28th January 2013 The board of directors of the American Biographical Institute do hereby recognize that Jean-Louis Caccomo has been chosen for distinguished standing and has been conferred with an honorary appointment to the Research Board of Advisers. H.C. Collins - Director A.B.I. - 2002 The Marquis Who's Who publication Board certifies that Jean-Louis Caccomo is a subject of biographical record in the Who's Who in the World. Sixteenth Edition - 1999 - Sandra S. Barnoo

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  6. Je ne voudrais pas que l'on croit que je m'étale car cela ne me plait pas du tout mais un de mes détracteurs, qui traite mes amis de facho, met en cause mes références académiques. J'ai l'habitude tellement on ne parvient pas à croire qu'en France, quelqu'un parti de rien, puisse gravir les échelons académiques. Mais mon directeur de thèse m'a fait la plus belle lettre de recommandation tandis que le prix Nobel d'économie Ronald Coase m'a témoigné toute sa sympathie en m'encourageant à lutter quand je présentais mon doctorat. Mon CV académique est en ligne mais les détracteurs ne se donnent pas la peine de le consulter avant de me mettre en doute, comme le psychiatre qui a cautionné l'internement sous contrainte. A ses yeux, je délirai... Enfin, il m'invite à "bien me porter". Permettez-moi de vous dire que si vous passez, ne serait-ce que quelques semaines, en internement psychiatrique gavé de médicaments, vous n'avez qu'une envie, vous frapper la tête contre le mur tandis que d'autres, plus fragiles, mettent fin à leurs jours. J'ai tenu des mois et des mois. Alors pour ce qui est de bien me porter, je fais au mieux mais la réparation et la justice rendue serviront de thérapie. La privation arbitraire de liberté est comme un viol et je ressens maintenant ce que doit ressentir une femme violée : le silence et la honte. Mais, je n'ai pas à avoir honte ni m'excuser. Je n'ai pas à prouver que je suis innocent dans un Etat de droit non corrompu fidèle à ses principes de justice. C'est à ceux qui m'ont pris ma vie de prouver qu'ils ne sont pas coupables. N'inversons pas la charge de la preuve. Les médias, qui se gargarisent de belles consciences, de justice et de liberté d'expression, sont bien timides sauf quand c'est leur propre liberté qui est menacée. L'antiracisme fait recette dans toutes les rédactions mais un économiste interné sans motif laisse de marbre. Je n'appartiens sans doute pas à la bonne minorité, celle qui fait pleurer dans les chaumières. Portez-vous bien Messieurs les détracteurs ! La psychiatrie ne m'a pas brisé. Votre verbiage ne pourra m'atteindre.

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  7. Il est facile de disserter à l'infini dans les salons, sur les plateaux télé ou dans les bibliothèques de la liberté, il est plus dur et courageux de sa battre pour elle. Et je suis de ceux qui luttent au quotidien pour conserver la mienne au pays des droits de l'homme en 2015. Car, avant de jouir de sa liberté d'expression et de sa liberté de pensée, encore faut-il disposer déjà de sa liberté tout court. Et croyez-moi, ce n'est même pas évident de nos jours en France. J'ai visité des pays ravagés par la guerre ou la tyrannie où se battre pour la liberté était un luxe, pourtant j'y étais reçu en toute amitié et sécurité pour y faire des conférences, mais je n'ai plus les mêmes garanties dans mon propre pays. Tout le monde a été choqué par les attentats contre Charlie Hebdo et je m'associe à ce mouvement. Le mouvement d'union nationale a fait du bien au pays qui se retrouvait derrière nos valeurs fondamentales. J'ai perdu dans ce drame un collègue économiste, avec lequel je ne partageai pas les idées, mais qui était ouvert au débat. Il a payé de sa vie et cela m'attriste car je l'estimais. Mais quand j'ai voulu présenter le concours de l'agrégation en 2014, le même Charlie Hebdo a fait une caricature pour discréditer le jury, parce que ce jury avait le tort d'être composé d'économistes libéraux. Ceux qui revendiquent la liberté d'expression ne supporteraient-ils pas que l'on ne pense pas comme eux ? Il est dangereux de semer les graines du terrorisme intellectuel. Pour ma part, j'ai toujours été attaché à ma liberté de pensée car je suis avant tout un chercheur non inféodé. Ma seule idée fixe : la recherche de la vérité même si c'est un objectif inaccessible mais c'est la seule condition de la progression de la connaissance. Sinon, on sombre dans l'idéologie. Aucun parti, aucune institution ne peuvent me dicter ce que je dois découvrir à l'issue de mes recherches. Souvent, hélas, les économistes cherchent à flatter les princes dans l'attente de récompense car ils augmentent ainsi les chances d'avancer dans leur carrière. Il est vrai que je n'ai pas emprunté ce chemin et que j'en ai fait les frais durement. Mais c'est par amour de mon métier et respect de ma vocation. On ne se refait pas. Mais je n'aurais pas imaginé à quel point on peut se mettre en danger au milieu de personnes qui ont agit différemment. De ce point de vue, je ne suis pas dans la norme en effet, même si je suis tout-à-fait normal : un homme simple avec les mêmes questions que tout un chacun et à la recherche de son bonheur et son épanouissement personnel. Mais ma vocation d'économiste est un ingrédient de mon épanouissement personnel et on a cherché à l'anéantir.

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  8. Les ultra-féministes manifestent aujourd'hui devant les magasins de jouets parce qu'elles sont choquées que les parents achètent des cadeaux de garçons pour les garçons et des cadeaux de filles pour les filles. Bientôt, elles vont nous dire d'habiller les filles en garçons et les garçons en filles. Et on se demande pourquoi les rapports entre les hommes et les femmes sont devenus si compliqués... Par ailleurs, les oppositions aux crèches de Noël se multiplient à l'approche des fêtes. Pareils délires n'existaient pas durant mon enfance. Mais qui sont ces gens qui veulent absolument s'en prendre aux traditions ancestrales au cœur de la nature humaine comme aux pires heures du totalitarisme soviétique. Faut-il corréler ces pressions à la montée d'une immigration incontrôlable ? Oserai-je faire le lien au risque de passer pour un extrémiste ? Les totalitarismes ont toujours eu pour objectif de briser la famille (lieu de la reproduction sociale inégalitaire selon Bourdieu) et d'anéantir le sentiment religieux. Chez nous, l'Etat-providence est devenu un nouveau totalitarisme dont la laïcité en est l'avatar. Etre laïque, cela devrait vouloir dire être tolérant avec toutes les religions comme le défendait Voltaire et non les étouffer ou les interdire. Quant aux ultra-féministes qui croient se battre pour la liberté et l'égalité, elles oublient que les hommes et les femmes sont tout simplement différents (et non égaux) et donc complémentaires. Je viens de déménager et je ne crois pas avoir vu des employées femmes trimbaler mon piano et mes bibliothèques jusqu'au troisième étage de mon immeuble. C'est curieux non ? En fait, notre déclin économique est bien le résultat d'un déclin moral qui conduit les acteurs de la société à démissionner de leurs responsabilités, leurs différences et leurs complémentarités.

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  9. Faut-il supprimer les notes à l'école ? Faut-il travailler le dimanche ? Parce que l'on s'obstine à ne pas vouloir faire les inévitables réformes que tous les grands pays ont fait, on se pose les questions les plus inutiles et surtout insolubles au niveau collectif. Ces questions reviennent au devant de l'actualité depuis trente ans alors qu'il suffirait de laisser les agents concernés libres de décider par eux-mêmes. Car cela ne relève pas de la politique mais bien du libre choix. C'est pourquoi elles deviennent insoluble. Si l'Etat impose n'importe quelle solution, il y aura toujours une corporation pour s'élever contre. Alors il changera son fusil d'épaule et se mettra à dos une autre corporation. C'est pourquoi nous sommes perpétuellement dans l'impasse, face à un mur infranchissable, un mur que nous nous sommes construit nous-même alors que certains pays ont abattu le leur. Cet immobilisme illustre le drame de l'interventionnisme omnipotent qui en devient inefficient. Alors que le meilleur gouvernement serait le gouvernement minimum, nous avons dérivé vers un gouvernement maximum mais paralysé parce que tout est devenu affaire publique : la santé, l'éducation, l'économie... Sans le dire, mais pour arriver à cela, il a fallu pour cela collectiviser même les esprits. Car les gens ne se posent même plus cette question : ils constatent l'inefficacité de l'Etat et ils demandent en réponse plus d'Etat. Donnez leur du pain et des jeux, et ils abandonneront leur liberté en vous acclamant. Les empereurs romains l'avaient bien compris. Mais quand on sacrifie sa liberté et donc sa responsabilité, l'économie s'arrête aussi de fonctionner puisqu'elle n'obéit qu'aux décisions des agents libres, pas aux plans gouvernementaux. Et les plans étatiques ont la fâcheuse faculté d'annihiler toute initiative individuelle. L'engrenage fatal s'enclenche alors : constatant la défaillance des agents individuels (entreprises, ménages) dont il est pourtant le seul responsable, l'Etat accroît alors le champ de ses interventions et le domaine de ses compétences. Alors inéluctablement, le temps se fige en terre de France...

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  10. De toute évidence, les manifestants prétendument écologistes n'aiment pas lé débat d'idées, ils préfèrent la violence et la haine. En fait, au nom d'un respect aveugle de la Nature, ils en demanderaient presque la disparition de l'humanité. Ainsi, l'environnement serait préservé. La nature est belle parce que l'homme existe pour la contempler. Mais la Nature est aussi cruelle et violente. La Nature, c'est aussi les tsunamis (j'en sais quelque chose), les tremblements de terre, le choléra ou la peste, la maladie, la sélection naturelle... Il a fallu des siècles à l'homme pour s'extirper de sa condition naturelle tellement fragile et instable, notamment grâce à la civilisation et à la technologie dont bénéficient chaque jour tous ces manifestants enragés. L'homme façonne la nature depuis le début de l'humanité. Telle est sa condition. La position qui consiste à se prosterner devant elle constitue une régression dangereuse qui nous conduirait à un déclin fatal, au retour à l'âge de pierre. Seuls les pays riches ont les moyens de concevoir et diffuser les technologies propres de demain qui nous permettront de relever les défis environnementaux. Et pour être un pays riche, il faut de la croissance. Mais les écologistes refusent le débat et ne veulent rien n'entendre. Je suis toujours inquiet de voir des gens, qui se disent éclairés et sont persuadés d'être dans le camp du bien, refuser le débat. Personnellement, j'ai toujours préféré le combat des idées que la violence des armes qui ne mène qu'au chaos. C'est vrai que, sans l'humanité, l'environnement serait épargné. Faut-il donc exterminer les hommes ? Certains y ont pensé déjà avant nous et avaient commencé le travail. Hitler (comme Pétain) lui-même prônait le retour à la nature en vomissant sur le capitalisme. En général, j'observe que les adorateurs de la Nature détestent leurs semblables. Et comme la fin justifie les moyens à leurs yeux, le pire est sans doute à redouter. Mais, depuis l'échec cinglant du communisme et l'effondrement de l'Union Soviétique, tous ces agitateurs se sont engouffrés dans la cause écologiste. L'environnement n'est qu'un alibi qui ne trompe que les aveugles. Leurs vraies et seules motivations, c'est encore de se déchaîner contre le libéralisme et la mondialisation qui seraient forcément coupables du crime environnemental. Ils étaient étrangement muets quand l'Union Soviétique laissait couler des sous-marins nucléaires en Mer Noire ou construisait des centrales thermiques obsolètes. Ils s'en prennent à la police parce que la police serait responsable d'une bavure. Mais ils ont envoyé au feu un jeune au nom d'une cause très mal analysée. Evidemment, il ne leur viendra jamais à l'idée de se remettre en question. Il est plus facile de casser encore et encore, de provoquer l'incident et de chercher le drame pour ensuite accuser à nouveau. Mais on récolte toujours ce que l'on sème. C'est une des lois de la Nature.

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